Une famille dénonce le manque de places en camps d’été spécialisés
Camille Turgeon | 31 juillet 2026
Les parents de Paul, un jeune garçon autiste, ont tenté de l’inscrire dans un camp adapté à ses besoins à Gatineau, mais faute de places, ils n’ont eu d’autre choix que de l’inscrire dans un camp francophone spécialisé du secteur Orléans, à Ottawa.
« Au minimum 50 minutes. Puis des fois, c’est 1 h 15 avec le trafic. »
Les parents de Paul, qui habitent à Aylmer, au sujet de la durée du trajet pour aller porter et chercher leur fils.
Les parents, qui ont deux enfants atteint du spectre de l’autisme, confient se tourner souvent vers l’Ontario pour obtenir des services, qui seraient plus diversifiés et accessibles rapidement.
Puisqu’ils ne sont pas des résidents ontariens, ils doivent débourser de leur poche pour obtenir ces services, un sacrifice nécessaire pour l’instant. En effet, ils considéreraient quitter le Québec pour déménager en Ontario.
Néanmoins, le camp fréquenté se dit très heureux d’accueillir des familles du Québec. Il a d’ailleurs vu son nombre d’inscriptions bondir de 44 % pour atteindre un record de 59 enfants cet été.
Andreas Trau, directeur général de la Société franco-ontarienne de l’autisme responsable du camp de jour, prévoit une croissance continue au cours des prochaines années des demandes d’inscriptions.
Afin d’accueillir tous les enfants, il devra s’acharner à trouver les ressources et les subventions nécessaires pour poursuivre ses activités.
Toutefois, trouver du financement serait difficile : Trait d’Union Outaouais, qui opère également un camp spécialisé pour les enfants autistes, doit refuser des inscriptions, principalement en raison d’un manque de financement.
L’organisme recherche à diversifier son financement afin de pouvoir continuer à offrir au moins une centaine de places par été.
Dans les deux dernières années, le camp a reçu 120 inscriptions et demandes.
Pour répondre à la demande grandissante, selon Trait d’Union Outaouais, il faudrait que les camps de jours réguliers puissent offrir des places aux enfants autistes.
À la Ville de Gatineau, le programme Enfex permet à 54 enfants ayant des besoins particuliers de fréquenter les camps municipaux cet été, mais 23 demandes d’inscriptions admissibles ont dû être refusées, notamment en raison de difficultés d’embauche.
À peine la moitié des postes d’accompagnateurs d’Enfex ont pu être comblés.
Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin.