Une erreur médicale évitée de justesse à l’Hôpital de Hull

Camille Turgeon | 4 juin 2026

Lynn entend déposer une plainte au Collège des médecins du Québec et à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, non pas pour recevoir une compensation monétaire, mais bien pour mettre en lumière les conséquences et les risques d’une telle erreur.

Lorsqu’elle est arrivée en ambulance pour des problèmes cardiaques en février dernier, le personnel médical a inscrit à son dossier qu’elle était allergique à la morphine. On lui a ainsi remis un bracelet rouge indiquant cette allergie.

Peu de temps après, sa douleur s’est intensifiée, et elle a demandé à une infirmière de lui administrer de la médication.

Toutefois, c’est la présence d’esprit de Lynn qui lui a évité, selon elle, la mort. Lorsque l’infirmière s’est approchée avec une seringue dont le bouchon était déjà enlevé, elle a été en mesure de lui poser la question « Tu m’injectes avec quoi? ».

Le médecin aurait ensuite proposé d’injecter la patiente avec un dérivé de morphine, ce qu’elle a refusé, ne voulant pas courir le risque.

« Ça peut être fatal. Ça aurait pu être une personne âgée qui est somnolente, puis qu’elle a un problème, puis qu’il l’aurait injectée, puis elle se serait partie. »
Lynn, patiente allergique à la morphine.

Après un séjour d’un peu moins d’une semaine à l’hôpital, Lynn a demandé à Santé Québec d’obtenir une copie de son dossier médical afin de comprendre où les erreurs avaient été commises.

Puisque c’était clairement inscrit à son dossier qu’elle est allergique à la morphine, Lynn estime que c’est le médecin qui a fait une erreur, puis l’infirmière, qui aurait le devoir de vérifier le dossier médical de la patiente avant de lui administrer un médicament.

Selon le Conseil de la protection des malades, huit erreurs médicales sur dix seraient attribuables à des facteurs humains.

« Des erreurs surviennent, on s’entend là-dessus, mis je compare toujours dans le domaine de la santé à la mécanique dans l’industrie aérienne. Dans un garage, dans l’entretien d’un avion, c’est zéro risque. Pourquoi? Parce que c’est la vie, la sécurité des passagers qui est en cause. »
Me Paul Brunet, président-directeur général et président du conseil d’administration, Conseil de la protection des malades

Même si Lynn n’a finalement pas reçu de morphine, cette situation lui a causé beaucoup d’inquiétude et d’anxiété. Tout au long de son séjour à l’hôpital, elle craignait qu’on lui injecte de la morphine. Elle ne se sentait pas en sécurité.

Lynn souhaite maintenant que son cri du cœur apporte une vigilance accrue dans le monde de la santé en Outaouais.

Avec les renseignements d’Emily Normand.