Le Québec trinque à ses vins

Camille Turgeon | 27 juillet 2026

Une nouvelle étude de Lightspeed Commerce révèle que trois Québécois sur quatre privilégient désormais les bouteilles de la Belle province, et qu’ils sont prêts à dépenser 37,65 $ pour un vin local.

Les tensions commerciales, notamment, ont propulsé la popularité des vins locaux depuis les cinq dernières années.

C’est le cas au Domaine du Mont-Vézeau, à Ripon, où le copropriétaire, Marc Renaud, pour qui le vin est devenu une grande passion, consacre ses journées à cultiver la vigne et à développer son entreprise.

Il se veut un moteur socio-économique de la région, soit attirer des visiteurs au vignoble, puis les inviter à explorer les autres producteurs de la région.

Travailler la vigne n’est pas de tout repos, en particulier dans le contexte des changements climatiques, mais M. Renaud voit le positif : la région se retrouverait dans des climats qui sont très similaires à ceux qu’on retrouvait en Europe deux ou trois décennies passées, qui favorise ainsi la culture.

Vignoble, Domaine du Mont-Vézeau.

La qualité du vin québécois

Selon Leslie-Anne Roberts, ambassadrice de l’hospitalité au Québec chez Lightspeed, les personnes ont confiance dans la qualité des produits du Québec.

Cette confiance est d’ailleurs méritée : le Québec est le champion du terroir de la promotion de ses produits à la base et plus de 80 % des Québécois s’attendent à ce que les vins du Québec atteignent un niveau de classe mondiale au cours de la prochaine décennie.

Cette qualité découle d’une réalité particulière au Québec.

Puisque bien des vignobles mènent de petites opérations, ils ne peuvent pas générer d’économies d’échelle à la hauteur de celles des grandes industries.

L’envers de la médaille : les producteurs québécois font le choix de faire de plus petites cuvées et de sélectionner leur raisin avec plus grand soin afin de produire un vin de plus grande qualité.

Malgré tout, même si les consommateurs répondent présent, le Domaine du Mont-Vézeau aimerait pouvoir offrir leurs produits à plus petit prix pour qu’ils soient plus accessibles à plus de personnes.

Et si neuf provinces ont fait tomber les barrières au commerce de l’alcool au profit des plus petites entreprises, la non-participation du Québec représente une occasion ratée, selon plusieurs, de faire voyager les vins du Québec.