Entente sur la vente directe d’alcool : le Québec reste à l’écart
Camille Turgeon | 24 juillet 2026
Une entente a été signée par toutes les provinces, à l’exception du Québec, qui vise à solidifier le marché canadien de l’alcool. Pour une région frontalière comme l’Outaouais, l’enjeu est important, puisqu’elle est ainsi privée des ventes aux millions de consommateurs qui résident de l’autre côté de la rivière.
Auparavant, la vente entre provinces était plus coûteuse. Grâce à cette entente, plusieurs commerçants pourront désormais en bénéficier.
Cette mesure vise à stimuler l’économie en effectuant des transactions horizontales plutôt que verticales, notamment dans le contexte des menaces tarifaires du président Donald Trump.
Selon Pierre Mantha, président et fondateur d’AIR Distillerie, la moitié des distilleries fermeront leurs portes au cours des cinq prochaines années en raison des difficultés financières qu’elles vivent.
Les ventes d’alcool sont en baisse constante d’année en année, et le marché est de plus en plus concurrentiel, d’où l’importance, selon M. Mantha, de soutenir les entreprises locales.
Ce sentiment fait écho chez le Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale, qui presse le Québec de se joindre à l’entente.

Le député de Pontiac et chef de l’opposition officielle, André Fortin, voit une certaine frustration sur le terrain.
Selon lui, le Québec a eu amplement le temps d’adhérer à l’entente.
Il a reconnu que des lois devaient être modifiées par le gouvernement du Québec avant qu’elle puisse signer l’entente, mais il a dénoncé le fait qu’elles n’étaient pas déjà modifiées.
Invité à réagir, la cabinet du ministre de l’Économie a répondu que Québec appuie l’objectif de faciliter le marcher interprovincial, mais que pour se joindre à l’entente, des modifications au cadre législatif et réglementaire québécois sont nécessaires.
Ils sont d’ailleurs à la fin de l’automne ou au début de l’hiver.
Avec les renseignements d’Emily Normand.