Un Gatinois paye 2 340 $ d’amendes pour une pelouse trop longue
Camille Turgeon | 19 juin 2026
Un propriétaire d’un immeuble à logements remet en question l’application de la réglementation et ce qu’il considère comme un manque de cohérence de la part de la Ville de Gatineau.
La Ville de Gatineau oblige les propriétaires à maintenir leur terrain en bon état, notamment en contrôlant la hauteur du gazon et la présence d’herbes nuisibles, pour l’esthétique de la ville, certes, mais également pour la santé et la sécurité.
En effet, les herbes nuisibles comme l’herbe à puce, la berce du Caucase et le panais sauvage peuvent occasionner des problèmes de santé majeurs à certaines personnes, et une herbe longue peut servir d’habitat aux rongeurs et aux tiques à pattes noires, principal vecteur de la maladie de Lyme.
Le règlement municipal stipule la hauteur maximale de l’herbe doit être de 20 centimètres pour un terrain construit et de 60 centimètres pour un terrain vacant.

Néanmoins, la Ville n’effectue pas de patrouille dans les rues pour repérer si des personnes conservent l’herbe de leur terrain trop longue.
Elle intervient à la suite de requêtes de citoyens déposées au 311.
Ainsi, le propriétaire d’un immeuble à logements de 87 ans aurait reçu cinq constats d’infraction de 468 $ de la Ville en raison d’un entretien inadéquat de son terrain, tous émis le même été, pour un total de 2 340 $.
Depuis 1994, année à laquelle il a acheté l’immeuble, il aurait toujours coupé le gazon et n’aurait jamais eu de problèmes.
Toutefois, selon l’homme, une relation tendue entre lui et certains de ses locataires aurait compliqué la situation.
« Ils m’ont dit, « On ne veut pas te voir la face, toi puis ta femme. On est capable de le couper, le gazon ». […] Pourquoi qu’ils ont coupé six pieds, puis ils n’ont pas coupé le reste? C’était pour essayer de me faire du tort en cour. »
Jacques Fillion, propriétaire.
Photos à l’appui, il soutient qu’après le premier avis de la Ville, sa pelouse respectait les normes en vigueur, bien loin de ce que les inspecteurs lui reprochaient.

Ce n’est qu’à son retour de vacances hivernales, six mois plus tard, qu’une mauvaise surprise l’attendait dans sa boîte aux lettres : le cinq constats d’infractions émis plusieurs mois plus tôt.
La Ville a effectivement confirmé qu’elle peut émettre plusieurs constats pour une même infraction si la situation persiste.
Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.