Les laboratoires du réseau de santé pourraient vivre une crise comparable à celle de l’imagerie médicale

Camille Turgeon | 27 mai 2026

Le manque de personnel se fait déjà ressentir alors que plusieurs quarts de jour, de soir et de nuit ne sont pas comblés dans la région, et les vacances d’été risquent d’aggraver la situation.

Après les médecins et les technologues en imagerie, ce sont maintenant les technologistes en laboratoire qui lancent un cri d’alarme.

Le manque de personnel force déjà plusieurs établissements à fonctionner au ralenti, et il pourrait entraîner des bris de service.

Pour l’instant, les technologistes sont déplacés d’un laboratoire à l’autre, et certaines analyses sont transférées ailleurs pour réduire les délais.

Secteur/établissementTaux réel d’occupation des postesParticularité
Hôpital de Gatineau49 %
Hôpital de Hull74 %
Papineau et Petite-Nation72 %Aucune présence de nuit
Maniwaki69 %Aucune présence de soir
Wakefield50 %
Pontiac80 %
Données datant du 17 février 2026. Source : APTS Outaouais.

Autrement dit, seule la moitié des quarts de travail en laboratoire regroupé sont actuellement comblés à l’Hôpital de Gatineau et à Wakefield.

À Maniwaki, les quarts de soir ne sont plus assurés, et même si presque trois quarts des postes sont comblés à Papineau–Petite-Nation, les quarts de nuits ne sont plus couverts.

La situation est meilleure à l’Hôpital de Hull et dans le Pontiac, avec un taux d’occupation de 74 % et de 80 %, respectivement.

En région, la situation demeure tout aussi préoccupante.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais reconnaît devoir prioriser certaines activités jugées cruciales, comme la banque de sang et les analyses urgentes.

Le 5 mars, les technologues en radio-oncologie se faisaient reconduire leur prime jusqu’en 2028.

Le 21 mai, Québec a renouvelé les primes accordées aux technologues en imagerie médicale, pouvant atteindre jusqu’à 22 000 dollars, selon le nombre d’années d’expérience.

Plusieurs réclament maintenant le même traitement pour les technologistes en laboratoire.

Un manque d’effectifs aux conséquences plus larges

Le sous-financement et le manque de personnel engendre des répercussions directes sur le système de santé en Outaouais. En effet, Santé Québec tient désormais compte du rendement des centres intégrés de santé et de services sociaux pour déterminer le financement à accorder à chacun.

Ainsi, un mauvais rendement causé par un manque d’effectifs pourrait donner lieu à un financement moins élevé dans la région, ce qui aggraverait davantage la situation.

« On ne peut pas faire les mêmes choses en Outaouais. »
Jean Pigeon, porte-parole de SOS Outaouais.

André Fortin, député du Parti libéral du Québec dans Pontiac, soutient que l’Outaouais a besoin d’un budget rehaussé et stable. Il a assuré parler de cet enjeu pendant la campagne électorale.

Invitée à réagir, la députée caquiste Suzanne Tremblay mentionne qu’ils sont conscients des défis de main-d’oeuvre qui touchent certaines régions, mais que l’octroi de primes fait l’objet d’ententes négociées localement entre les établissements et les syndicats concernés.

Avec les renseignements de Marika Gauthier.