Une famille craint quant à son avenir au Québec
Camille Turgeon | 23 janvier 2026
Installée à Gatineau depuis maintenant plus de trois ans, cette famille venue de la Martinique se demande chaque jour si elle pourra rester au Québec.
Leurs permis de travail sont très difficiles à renouveler et leurs permis d’études sont refusés pour des raisons, selon eux, injustifiés.
Pourtant, Céline et son conjoint occupent des emplois essentiels : lui, travaille à la Société de l’assurance automobile du Québec, et elle, dans le domaine de la santé, étant ostéopathe de profession.
Le Québec fait face à une pénurie de main d’œuvre. La propriétaire de la Clinique Physio Avantage Plus, où Céline travaille, ou plutôt, tente de travailler, raconte remplir tous les documents nécessaires et n’essuyer que des refus de permis. Elle trouve la situation désolante, d’autant plus que Céline est une bonne candidate et a été recrutée depuis la France.
« Ça nous fait sentir vraiment comme des pions. […] Autant de refus, on entend ça aux informations tous les jours, c’est, pour moi, « OK, on n’est pas les bienvenus ». »
Depuis que le Programme de l’expérience québécoise a été aboli par le gouvernement provincial en novembre dernier, pour obtenir la résidence permanente, les personnes immigrantes doivent maintenant passer par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés.
Un programme qui fonctionne avec des conditions de sélection basées, entre autres, sur la connaissance du français et l’expérience de travail, qui permettent d’accumuler des points.
« Je pense qu’on répond aux besoins. On est francophone, on travaille et on n’est pas ni à Montréal ni à Laval. On est en région. »
Immigrer entraîne des frais élevés : la famille estime avoir déboursé entre 8 000 et 10 000 $ en démarches d’immigration depuis leur arrivée au Québec, sans compter les frais d’avocat et autres frais connexes.
Le gouvernement du Québec, quant à lui, dit préparer les prochaines invitations pour les personnes immigrantes au PSTQ.
D’ici là, la famille de Gatineau se donne jusqu’à l’été pour déterminer si elle restera au Québec, alors qu’elle doit bientôt inscrire ses deux filles à l’école.
Avec les renseignements de Kémilia Laiberté.