Situation déplorable à l’Hôpital de Gatineau

Camille Turgeon | 12 janvier 2026

Une septuagénaire aurait attendu 36 heures avant d’être prise en charge, alors que son état de santé se détériorait.

Gisèle Desjardins, 70 ans, a été hospitalisée le 6 janvier, jour de son anniversaire. Le 12 janvier, elle est toujours patiente à l’Hôpital de Gatineau.

Cette longue hospitalisation s’explique par une infection urinaire qui s’est répandue dans les reins en raison d’une trop longue attente aux urgences sans soins ni médicaments. Lorsqu’elle a enfin été évaluée, des tests ont détecté la présence de la bactérie E. coli dans son sang. Cette complication aurait pu être évitée si elle avait été prise en charge plus rapidement.

Mme Desjardins est atteinte de la maladie de Parkinson, et contracte ainsi plus facilement des infections urinaires. Elle a d’ailleurs été hospitalisée à trois reprises au cours de la dernière année. La famille est habituée au processus et connaît les symptômes qui nécessitent des soins à l’hôpital.

« L’attente crée la gravité, c’est intolérable. […] Le problème persiste. »
Michel Pilon, fils de Gisèle Desjardins

Pendant le séjour à l’hôpital, la famille a été témoin de situations similaires. Elle a donc dénoncé la situation sur les réseaux sociaux pour rendre visible ce qui est invisible. Selon les commentaires reçus sur la publication, les familles vivent cette lacune au quotidien. M. Pilon réclame la réalisation d’analyses des causes profondes par rapport aux problèmes de structure.

M. Pilon insiste toutefois que le personnel a fait un travail exceptionnel malgré un seul médecin qui est disponible et une urgence qui déborde. Il salue notamment le personnel qui travaille dans les hôpitaux; sans ceux-ci, le système se serait déjà écroulé.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais affirme traverser actuellement une période de fort achalandage dans les hôpitaux, ce qui entraîne des délais dans la prise en charge et l’administration de soins. Il assure que chaque patient est évalué selon sa condition et que tout est fait pour offrir des soins sécuritaires.

Cependant, selon le président du Conseil pour la protection des malades, cette situation montre l’urgence d’agir. Des études démontrent qu’assurer un suivi à domicile des personnes âgées a une incidence positive sur le système de santé : elles tombent malades moins souvent, elles sont moins souvent transportées à l’hôpital et elles occupent moins de lits ou de chaises à l’urgence. Cette méthode d’administration de soins diminuerait l’achalandage dans les urgences de 50 %.

M. Pilon espère que l’histoire de sa mère fera bouger les choses et incitera à des changements concrets dans le système de santé.

Avec les renseignements d’Amanda Moisan.