Ressortissants ukrainiens : le PQ et le PLQ réagissent

Camille Turgeon | 16 avril 2026

Au début de la guerre en Ukraine, des Ukrainiens ont été accueillis au Canada dans le cadre du programme fédéral Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine.

Certains se sont établis au Québec, d’autres, ailleurs au Canada.

Les deux partis réclament une clause grand-père. Le Parti libéral du Québec souhaite que les travailleurs ukrainiens et autres immigrants en processus du Programme de l’expérience québécoise puissent poursuivre leurs démarches. Le PLQ évaluera la situation par la suite.

André Fortin, député libéral provincial de Pontiac, a affirmé que la société québécoise a le devoir de tenir les promesses qu’elle a faites.

Toutefois, le Parti Québécois nuance : il souhaite un droit acquis pour les travailleurs étrangers temporaires qui se trouvaient au Québec au moment de la suspension du PEQ, mais qui relevaient des programmes provinciaux plutôt que fédéraux.

Les ressortissants ukrainiens sont arrivés ici dans le cadre d’un programme fédéral; les options sont donc limitées.

Autre enjeu : le PQ se demande pourquoi les Ukrainiens ont été accueillis dans le cadre d’un programme de travailleur étranger plutôt que s’être fait accorder le statut de réfugié.

Cela étant dit, Alex Boissonneault a confirmé que les Ukrainiens devraient être en mesure de demeurer au Québec tant que la guerre se poursuit en Ukraine.

Le Québec a un devoir humanitaire d’offrir un lieu sûr pour les ressortissants le temps que la crise se résorbe. Le PQ est d’ailleurs d’accord avec la décision du gouvernement fédéral de repousser jusqu’en avril 2027 la date d’expiration des permis temporaires.

Néanmoins, le jour que la guerre prend fin, le PQ n’entend pas faire exception pour la communauté ukrainienne.

M. Boissonneault a évoqué la situation des Afghans et des Palestiniens, qui eux aussi, fuient une guerre, et envers qui le Québec a également un devoir humanitaire.

« Ces ressortissants […] fuyaient une crise épouvantable en Ukraine. On voulait leur offrir une sécurité, la possibilité de demeurer ici, d’avoir un emploi, le temps qu’il faudra pour que la crise se résorbe; c’était l’objectif initial. […] Ensuite, si les règles changent en cours de route ou si les objectifs changent en cours de route, [et] ces gens veulent rester au Québec […] de façon permanente, là, il y a quand même des programmes qui existent […]. Puis, il faut être quand même équitable pour l’ensemble de la population qui espère avoir un accès à la résidence permanente. »
Alex Boissonneault, député péquiste d’Arthabaska.

Étant donné que la capacité d’accueil du Québec est déjà dépassée, a-t-il soutenu, le Québec doit prioriser les personnes qui se trouvent déjà sur le territoire, qui parlent français et qui occupent des emplois dans des secteurs où il y a une pénurie de main-d’oeuvre.

Selon M. Boissonneault, environ 600 000 personnes se sont installées au Québec dans les sept dernières années. Son parti veut donc se munir d’une politique d’immigration équilibrée.

Avec les renseignements de Philippe Bessette.