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Québec mise sur la prévention pour lutter contre l’itinérance et la dépendance alors que Gatineau serre la vis en matière de campement de roulottes
Camille Turgeon | 7 juillet 2026
Alors que le ministre des Services sociaux et de la Lutte contre l’itinérance, Lionel Carmant, a annoncé le 6 juillet la mise en oeuvre de deux nouvelles mesures à Gatineau pour intervenir avant que les personnes se retrouvent à la rue, la Ville de Gatineau interdira les roulottes sur ses terrains dès le 15 septembre 2026.
La première mesure
Cinquante places ont été ajoutées au Programme de supplément au loyer, catégorie prévention, qui vise à aider les personnes à risque d’itinérance à conserver leur logement pendant une période de deux à cinq ans en couvrant 75 % du loyer.
« Je rencontre beaucoup de personnes en situation d’itinérance dans les refuges qui sont des personnes aînées, souvent des veuves qui ont vu leur conjoint décéder et qui se retrouvent sans moyens financiers pour payer leur logement. […] Elles vont pouvoir rester en logement suite à la perte de leur conjoint. »
Lionel Carmant, ministre des Services sociaux et de la Lutte contre l’itinérance.
Annie Castonguay, de Réhabex, se réjouit de cette mesure, qu’elle qualifie de « vraie mesure de prévention qui est concrète et réelle ». Selon elle, la mesure aidera à réduire le nombre de personnes qui se retrouvent dans des situations précaires.
De plus, davantage de ressources seront accordées au Tribunal administratif du logement pour repérer plus rapidement les locataires qui seraient à risque de bousculer vers l’itinérance.
Ces personnes recevront un accompagnement plus soutenu avant que leur situation se détériore.

La deuxième mesure
Afin de s’attaquer aux dépendances, le nombre de lits d’urgence doublera pour passer de 5 à 10.
Les personnes aux prises avec une dépendance pourront ainsi se déposer pendant une période de 72 heures avant d’être redirigées rapidement vers les services dont elles ont besoin.
Selon Stéphane Lance, ce sont 437 personnes qui ont été admises depuis l’inauguration des cinq lits d’urgence en 2024.
« Si on double la capacité, on peut juste imaginer le nombre de personnes supplémentaires qu’on peut aider, qui vivent un enjeu de dépendance puis qu’on ne fait pas juste dégriser puis remettre à la rue. On les prend en charge, on les accompagne. »
Stéphane Lance, PDG adjoint de Santé Québec Outaouais (anciennement CISSSO).
Interdiction d’installer des roulottes à Gatineau
Une nouvelle réglementation municipale entrera en vigueur le 15 septembre 2026 qui interdira à toute personne d’installer une roulotte sur tous les terrains de la Ville de Gatineau, y compris les vacanciers.
Ainsi, des personnes qui vivent en situation d’itinérance dans des roulottes au stationnement du lac Leamy seront contraintes de quitter les lieux ou d’habiter dans une tente, une solution qui ne convient pas à tous.
« Ils veulent nous voir en tente, et je ne me sens pas en sécurité du tout de cette façon. […] Il faut aider les gens un petit peu plus que ça. On ne peut pas juste nous d’arracher notre maison. On travaille – moi, j’ai travaillé fort pour la mienne. »
Shandie, personne qui vit dans sa roulotte au stationnement du lac Leamy depuis huit mois.
Lorsque Carol, 76 ans, a soulevé la possibilité de vivre dans son auto plutôt que dans une roulotte, on lui aurait interdit une telle chose également.
Les personnes rencontrées comprennent la volonté d’encadrer la présence des roulottes, surtout que certaines ont été liées à des problèmes comme des incendies, mais demandent qu’une autre option leur soit offerte pour qu’ils puissent continuer de vivre dans leur roulotte.


Selon la Ville de Gatineau, cette mesure vise à ultimement aider ces personnes à sortir de la rue.
Les personnes en situation d’itinérance peuvent donc s’installer au campement organisé à Guertin, à Transitiôn, au Gîte-Ami et même au continuum d’hébergement, et elles peuvent également se tourner vers les ressources.
Toutefois, Réhabex a déjà reçu plusieurs appels de campeurs préoccupés et inquiets.
« Ce n’est nécessairement pas évident de se retrouver à la rue, c’est encore moins évident de se retrouver dans les ressources pour certaines personnes. »
Annie Castonguay, coordonnatrice chez Réhabex.

Avec les renseignements de Kémilia Laliberté et d’Amanda Moisan.