Procès de deux hommes de l’Outaouais pour agression sexuelle
Camille Turgeon | 26 février 2026
Le procès du restaurateur Joey Therrien-Rivers et de l’avocat Hugo Petit s’est ouvert le 16 février au Palais de justice de Gatineau. Il doit durer deux semaines. Cet article sera régulièrement mis à jour au fur et à mesure que le procès se déroule.
C’est ainsi que se conclut le procès de Joey Therrien-Rivers et d’Hugo Petit pour agression sexuelle. Le juge doit rendre son jugement le 21 avril.
Jeudi 25 février, après-midi
La couronne demande au juge de rejeter le témoignage de l’accusé Joey Therrien-Rivers, qu’elle qualifie « d’invraisemblable » dans son entièreté.
Selon la couronne, seule la présumée victime doit être crue quant à son état au moment des faits allégués.
Toutefois, même si le juge devait tenir compte de la version de M. Therrien-Rivers, la couronne estime qu’il n’y a qu’une seule conclusion possible : le consentement de la présumée victime n’a pas été obtenu.
Pour ce qui est de l’allégation de « collusion » entre les deux plaignantes, la couronne soutient qu’il y a beaucoup plus de contradictions entre leurs deux témoignages que de concordance.
On estime avoir démontré la culpabilité des coaccusés.
Jeudi 25 février, avant-midi
Après une pause d’une journée, le procès de Joey Therrien-Rivers et de Hugo Petit pour agression sexuelle amorce son dernier droit. Ce 8e jour de procès s’est amorcé avec la plaidoirie finale de la défense.
La défense plaide qu’il y aurait eu « collusion » entre les deux plaignantes, qui se seraient entendues pour mentir sur plusieurs éléments et ajuster leur récit en cours de route.
Selon la défense, qui a cité en jurisprudence l’Affaire Rioux, dans les cas où la victime ne peut consentir parce qu’elle est inconsciente, le juge doit s’attarder sur la fiabilité et la crédibilité du témoignage.
Or, la défense clame que la présumée victime a livré un témoignage ni fiable, ni crédible conformément aux principes de droit canadien, contrairement à M. Therrien-Rivers, qui aurait livré un témoignage limpide.
La défense affirme également que la poursuite n’a pas su démontrer hors de tout doute raisonnable la culpabilité de leurs clients. C’est pourquoi elle demande au juge de les acquitter du chef d’accusation d’agression sexuelle qui pèse contre eux.
La couronne, qui défend les deux plaignantes, fera valoir ses arguments cet après-midi.
Davantage de détails seront communiqués lorsqu’ils seront connus.
Mardi 24 février
La septième journée du procès a vu Joey Therrien-Rivers livrer sa version des faits. La défense a toutefois décidé de ne pas faire témoigner Hugo Petit.
La version des événements de M. Therrien-Rivers diffère à plusieurs niveaux de celles des deux témoins.
M. Therrien-Rivers a raconté qu’à un certain point, il y aurait eu des rapprochements entre lui et la présumée victime dans le lit.
M. Petit et la deuxième témoin se serait joints aux rapprochements sans prévenir, avant que cette dernière aurait rapidement quitté la chambre.
Par la suite, selon M. Therrien-Rivers, il y aurait eu une relation sexuelle à trois entre lui, M. Petit et la présumée victime.
M. Therrien-Rivers a précisé qu’il y aurait mis fin, puisqu’il aurait réalisé qu’il n’aimait pas voir celle qu’il considérait pratiquement comme sa copine éprouver du plaisir sexuel avec M. Petit.
Contrairement à la présumée victime, qui affirmait être alors inconsciente, M. Therrien-Rivers a soutenu qu’elle était alerte et éveillé tout au long des événements qui se seraient produits dans la chambre.
Lors du contre-interrogatoire par la poursuite de M. Therrien-Rivers, ce dernier a été questionné à savoir s’il avait drogué la présumé victime.
Il a répondu n’avoir jamais drogué personne, et qu’il n’aurait jamais drogué celle avec qui il commençait une relation.
La poursuite lui a également demandé s’il avait visionné les enregistrements des caméras de surveillance du Sans Façon qui datent du 22 juin 2023.
Il a confié avoir essayé, mais qu’il en était incapable puisque, selon lui, les enregistrements n’étaient alors plus disponibles. Il a également mentionné qu’il n’était pas en mesure de retrouver la facture des consommations alcoolisées de la soirée.
Le procès reprendra le jeudi 26 février. La défense a laissé entendre qu’elle pourrait alors faire témoigner brièvement un autre témoin.
Les deux parties seront ensuite invitées à faire leurs plaidoiries finales devant le juge.
Lundi 23 février
Le contre-interrogatoire de la deuxième témoin s’est poursuivi, aujourd’hui, et ce, malgré l’acquittement des accusés sur les chefs qui lui sont liés.
Ce n’était pas une journée facile pour elle. Après les toutes premières questions de l’avocat de la défense, elle s’est mise à pleurer et a affirmé ne plus être capable de poursuivre.
Elle est tout de même revenue à la barre des témoins après une pause.
La défense l’a encore une fois questionnée au sujet des contradictions entre sa déclaration initiale de 2023, ce qu’elle a dit en enquête préliminaire et son plus récent témoignage.
La défense a martelé que sa version des faits aurait changé en cours de route. La défense soutient que les deux plaignantes se seraient entendues pour corroborer certains éléments.
La deuxième témoin a rejeté cette allégation.
Le contre-interrogatoire s’est conclu cet après-midi, et du fait même, la preuve présentée par la poursuite.
Pour la suite du procès, les avocats de M. Therrien-Rivers et de M. Petit ont laissé entendre qu’ils pourraient ne pas présenter de défense, ce qui signifie qu’on pourrait ne pas entendre leur récit des événements.
Les avocats ont indiqué qu’ils doivent s’entretenir avec leurs clients à ce sujet. Une décision sera présentée demain matin.
Vendredi 20 janvier
Selon Le Droit, à la suite du contre-interrogatoire de la deuxième présumée victime, Hugo Petit et Joey Therrien-Rivers ont été acquittés de certains chefs d’accusation rattachés à la deuxième victime.
Les deux hommes ont été acquittés d’agression sexuelle avec la participation d’une autre personne. M. Therrien-Rivers a été acquitté d’un autre chef d’accusation, soit agression sexuelle.
Il ne reste plus qu’un seul chef d’agression sexuelle avec la participation d’une autre personne à l’endroit des accusés. Celui-ci concerne la première plaignante.
Le procès se poursuit le lundi 23 février et devrait prendre fin le 27 février.
Jeudi 19 janvier
La deuxième présumée victime a avoué aujourd’hui, dans son contre-interrogatoire, que tous ses actes sexuels avec Hugo Petit étaient consentants.
Bien qu’elle a dit avoir été agressée seulement par M. Therrien-Rivers, la défense a suggéré qu’elle aurait changé sa version des faits en cours de route et qu’elle aurait « inventé cette histoire » d’agression sexuelle par crainte d’être elle-même accusée.
La défense allègue qu’elle ne serait pas sortie aussi vite de la chambre qu’elle le prétend; la deuxième témoin aurait participé à des actes sexuels avec M. Petit, M. Therrien-Rivers et même la première témoin.
Ces allégations sont appuyées sur des plusieurs contradictions entre sa première déclaration au poste de police en août 2023 et son témoignage du 18 février.
Des allégations, d’ailleurs, que la deuxième présumée victime a rejetées du revers de la main.
En effet, la défense a souligné que la témoin avait soulevé l’hypothèse d’avoir été droguée. Or, la présumée victime n’en a pas fait mention hier.
Elle a répondu que c’est parce qu’elle doute de moins en moins d’avoir été droguée, sans toutefois en avoir la certitude.
La présumée victime a aussi dû s’expliquer concernant d’autres contradictions, notamment, sur son état d’intoxication et ses souvenirs de la soirée.
À un certain point, la défense lui a demandé : « Avez-vous des problèmes de mémoires en ce qui à trait aux événements du 22 juin 2023? »
Ce à quoi elle a répondu qu’elle essayait « d’oublier ces événements-là ».
Mercredi 18 février
La deuxième présumée victime, dont l’identité est également protégée par une ordonnance de non-publication, a raconté aujourd’hui sa version des faits du 22 juin 2023.
Après une soirée arrosée au Sans Façon, elle a raconté être allée au condo de Joey Therrien-Rivers, en sa présence, ainsi que celle d’Hugo Petit et de la première témoin.
Au moment où M. Therrien-Rivers serait allé coucher la première témoin dans la chambre, elle raconte qu’elle aurait eu des rapprochements consensuels avec M. Petit, pour qui elle avait de l’intérêt.
En larmes, elle poursuit son témoignage : au moment où M. Petit serait allé aux toilettes, M. Therrien-Rivers serait revenu dans le salon et aurait abusé d’elle sexuellement sur le sofa. Elle affirme avoir été complètement terrorisée et avoir figé.
Par la suite, à son retour, Hugo Petit l’aurait également pénétré. Elle a toutefois précisé que ce dernier, en qui elle avait toujours confiance, l’aurait ensuite réconfortée.
Plus tard, selon la deuxième témoin, les quatre se seraient retrouvés sur le lit.
Des rapprochements se seraient amorcés entre M. Therrien-Rivers et la première témoin, et aussi entre elle et M. Petit.
Elle aurait alors dit à M. Petit qu’elle n’était pas consentante, ni à l’aise avec la situation.
Elle serait sortie de la pièce sans opposition de la part des accusés, qui seraient alors restés dans le lit avec la première présumée victime.
Ce serait à ce moment-là que la première présumée victime affirme avoir été agressée sexuellement, alors qu’elle était inconsciente.
Le procès se poursuit demain après-midi au cours duquel aura lieu le contre-interrogatoire de la défense avec la deuxième témoin.
Mardi 17 février
La présumée victime a de nouveau été appelée à la barre ce matin pour un contre-interrogatoire. Tout comme hier, la plaignante a été longuement questionnée par l’avocate de la défense.
Une vingtaine de personnes étaient présentes dans la salle d’audience.
On lui a notamment présenté des photos afin de vérifier si elle reconnaissait l’appartement dans lequel les événements se seraient déroulés le soir du 22 juin 2023.
L’avocate est revenue sur des éléments soulevés lors de la première entrevue policière, mais aussi de l’enquête préliminaire, qui s’est tenue environ un an et demi après les événements.
Lors d’une remise de photos à la poursuite, le vendredi 13 février, une information serait ressortie : une autre femme aurait confié à la plaignante qu’elle aurait, elle aussi, été agressée ce même soir du 22 juin 2023 dans l’appartement.
La défense a tenté de faire ressortir certaines discordances entre les différentes déclarations.
La plaignante était visiblement émotive et a quitté la salle d’audience en pleurs.
Lundi 16 février
Les deux trentenaires font l’objet de chefs d’accusation d’agression sexuelle avec la participation d’une autre personne qui aurait eu lieu le 22 juin 2023.
Joey Therrien-Rivers était propriétaire des restaurants Le Foubrac, le Sans Façon et le Meech & Munch.
Hugo Petit était avocat inscrit au Barreau du Québec.
La présumée victime a été la première à livrer sa version des faits. Une ordonnance de non-publication empêche le dévoilement de son identité afin de la protéger.
Dans un témoignage très émotif, elle raconte qu’elle aurait été droguée alors qu’elle passait une soirée arrosée en présence des deux accusés et d’une amie dans un resto-bar. La soirée se serait poursuivie en présence de ces mêmes personnes dans le condo de M. Therrien-Rivers.
Au condo, la témoin explique qu’elle ne se sentait plus très bien et s’était mise à vomir à quelques reprises. Elle avait même perdu la mémoire par moments, mais se rappelle s’être couchée seule.
À son réveil, elle aurait constaté qu’elle était maintenant complètement nue, et que les deux accusés qui se trouvaient aussi dans le lit venaient de l’agresser sexuellement, selon elle, également en présence d’une autre personne.
La témoin a également expliqué avoir finalement eu un souvenir de la scène obscène qu’elle a décrite peu de temps après, puis est allée porter plainte à la police.
Pendant son témoignage, les deux accusés étaient présents physiquement dans la salle, assis à une table derrière un paravent afin de permettre à la témoin d’être à l’abri de leurs regards.
Les deux accusés ont pris des notes avec des stylos, des surligneurs, pratiquement sans arrêt tout au long de l’interrogatoire et du contre-interrogatoire de cette première témoin.
Le contre-interrogatoire se poursuivra demain, le 17 février. D’ailleurs, la défense a déjà commencé à requestionner et à passer au peigne fin chacune des affirmations de la témoin en lui demandant des détails précis.
Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin et de Kémilia Laliberté.