Priorités de la Mairie
Camille Turgeon | 19 janvier 2026
Logements abordables, itinérance dans le Vieux-Gatineau et développement économique.
On constate une chute record des mises en chantier d’habitations à Gatineau : une diminution de 55 % en 2025 comparativement à 2024, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Concrètement, pour la région de Gatineau, 3 655 constructions résidentielles ont été menées à bien en 2024, contre 2 120 en 2025. L’écart se fait sentir particulièrement au niveau des appartements locatifs.
C’est tout le contraire dans les autres grandes villes du Québec. À Montréal, les mises en chantier ont bondi de 58 %. À Ottawa, on observe une hausse de 38 %.
À Gatineau, les chiffres préoccupent l’Association des professionnels de la construction de l’habitation du Québec. D’après le directeur régional, la Ville doit agir rapidement et réduire les délais d’approbation qui freinent le démarrage de projets.
Toutefois, une autre raison majeure explique cette chute marquée des mises en chantier : depuis janvier 2025, dans l’ouest de la ville, il y a des redevances de développement, qui ajoutent 4 000 $ à chaque logement. « Il y a peut-être des promoteurs, des développeurs, des constructeurs qui ont décidé d’aller construire ailleurs qu’à Gatineau en raison des redevances de développement. D’ailleurs, c’est pour ça qu’on voit qu’il y a une hausse de 37 % en périphérie de Gatineau, Cantley, Chelsea, Val-des-Monts », affirme le directeur régional.
La mairesse de Gatineau, quant à elle, a convoqué les médias à son bureau le matin du 19 janvier pour énumérer ses priorités : logements abordables, itinérance dans le Vieux-Gatineau et développement économique.
Maude Marquis-Bissonnette a davantage parlé d’une crise du logement abordable à Gatineau. L’une de ses priorités, notamment en réactivant le comité choc, sera de construire des logements que tous les Gatinois sont capables de se payer.
En effet, le taux d’inoccupation des logements abordables est de 0 %, comparativement à 7-8 % pour les logements luxueux. Au Québec, le prix moyen d’un loyer est le plus élevé à Gatineau.
La mairesse a aussi mentionné vouloir mettre en place un centre de services de proximité en itinérance dans le Vieux-Gatineau, et elle souhaite aussi profiter de l’élection provinciale pour redéfinir la relation entre les Villes et Québec en matière d’itinérance.
En termes de développement économique, elle propose une tournée des acteurs concernés, et veut que Gatineau continue de se positionner pour profiter des investissements en cybersécurité et défense nationale du gouvernement fédéral.
La mairesse a aussi mentionné que le tout sera discuté lors d’une réunion avec les élus prévue le 26 janvier afin d’élaborer en quelque sorte un programme du conseil 2.0.
Gatineau Ensemble (anciennement l’Équipe Mario Aubé) se dit en accord avec les priorités de la mairesse. Ce parti qui souhaite incarner un renouveau politique ne prévoit pas se camper dans un rôle d’opposition et de critiquer pour critiquer.
À la mairie de Gatineau, c’est la collaboration qui prime.
Une rencontre de style lac-à-l’épaule aura lieu lundi prochain entre les élus pour discuter des priorités et définir l’alignement stratégique du conseil. Entretemps, les élus se rassembleront le 20 janvier pour la première séance du conseil municipal de 2026.
Avec les renseignements de Kémilia Laliberté et Louis-Charles Poulin.