Le projet du futur hôpital à Gatineau franchit une étape importante

Camille Turgeon | 7 avril 2026

Le terrain du site Asticou, où doit se construire le futur centre hospitalier affilié universitaire, appartient désormais à Santé Québec. Le terrain était auparavant détenu par le gouvernement fédéral.

L’hôpital, qui sera l’un des plus importants au Québec, renfermera 600 lits. Les premiers patients pourraient être accueillis entre 2034 et 2035.

L’objectif global est de doter la région d’infrastructures modernes, sécuritaires et adaptées aux besoins actuels et futurs de la population.

Prochaine étape : le lancement des travaux de déconstruction, prévu d’ici l’automne 2026.

Le processus d’appel d’offres devrait se conclure en mai. Ainsi, le chantier pourrait voir le jour dès l’été pour commencer, notamment, des travaux de décontamination du site.

En parallèle, un chantier majeur est également prévu : l’élargissement à quatre voies du boulevard de la Cité-des-Jeunes sur près de deux kilomètres.

Toutefois, ce chantier soulève des préoccupations chez la mairesse. Elle avance que la Ville est confrontée à de grands défis au niveau des infrastructures routières.

Plusieurs défis demeurent, en particulier concernant le recrutement du personnel nécessaire. Selon le docteur Marc Bilodeau, il faudrait doubler le nombre de personnes qui poursuivent des études en soins infirmiers.

Une décision loin de faire l’unanimité

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, est catégorique : le débat est terminé, la décision a été prise, le site du futur hôpital demeure au site Asticou.

Il affirme avoir entendu l’insatisfaction de certains groupes et partenaires qui ont demandé de revenir à la table à dessin, et l’avoir fait.

« Il n’y a aucun scénario où notre gouvernement va reculer. »
Mathieu Lacombe, ministre responsable de l’Outaouais.

La Coalition pour un centre hospitalier accessible et durable de l’Outaouais (CCHADO) continue de croire que le gouvernement peut toujours reculer et changer de site.

La CCHADO a donné l’exemple du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, qui a changé de site trois fois avant d’être officiellement construit au centre-ville.

Cela étant dit, le site du futur hôpital en Outaouais en est déjà au troisième emplacement envisagé. Encore là, des inquiétudes planent toujours, en particulier relativement aux centaines d’expropriations que la CCHADO est d’avis auront lieu.

Le ministre Mathieu Lacombe a tenu à rassurer la population pendant son annonce concernant l’acquisition du terrain Asticou : il ne devrait pas avoir d’expropriations, ou il n’y en aura que très peu.

La CCHADO soutient que le quotidien de beaucoup de citoyens sera touché par la construction de l’hôpital à cet endroit. Elle avance quelque 8 000 déplacements par jour.

Un flou au niveau des coûts

Peu de détails ont été communiqués au moment de l’annonce : le gouvernement du Québec n’a avancé aucun montant ni estimation précise, alors que les travaux doivent commencer à l’automne 2026.

Le Québec a acheté le terrain du site Asticou au coûtde 9 millions de dollars alors qu’il avait une évaluation foncière de 79 millions de dollars.

Toutefois, pour le projet en soit, tout ce qui a été mentionné, c’est qu’il s’agit d’un projet de plusieurs milliards de dollars.

André Fortin, député de Pontiac et chef de l’opposition officielle du Parti libéral du Québec, craint que Québec refile une facture de centaines de millions de dollars à la Ville de Gatineau. Selon lui, si une telle chose survient, ce sont les contribuables qui devront payer pour une décision unilatérale du gouvernement québécois.

Mathieu Charbonneau, directeur d’Action Santé Outaouais, affirme qu’en 2021, le futur hôpital était évalué à environ 1,4 milliard de dollars, et que dans le dernier budget, 1,6 milliard de dollars sont prévus pour les dix prochaines années en Outaouais pour à la fois le futur hôpital et l’aménagement et l’agrandissement d’un CHSLD et d’un centre d’hébergement.

Il se demande s’il y a assez d’argent pour réaliser tous ces projets.

Il reste à voir, avec les élections provinciales à l’automne, la direction que prendra le projet.

Avec les renseignements d’Amanda Moisan et de Kémilia Laliberté.