En ce Jour de la Terre, réduisons notre consommation à la source

Camille Turgeon | 22 avril 2026

La société consommerait les ressources naturelles à un rythme qui équivaut à 1,7 Terre par année. Ceci place l’humanité devant un déficit écologique de 70 %.

C’est ce qui a été révélé dans le cadre de l’Initiative de l’empreinte écologique de l’Université York, en collaboration avec l’Université d’Islande.

L’Initiative a publié l’ensemble de données en libre accès (en anglais seulement) le plus complet et le plus à jour jamais compilé sur l’effet de l’humanité sur la planète.

Les données couvrent la période de 1961 à 2025. Elles suggèrent que la croissance rapide de la pression exercée sur la planète pourrait être en train de plafonner, même si aucun déclin significatif ne soit encore perceptible.

Selon Eric Milleur, professeur en économie écologique et en informatique de la durabilité à l’Université York et directeur de l’Initiative de l’empreinte écologique, si on veut atteindre la carboneutralité d’ici 2050 à l’échelle planétaire, l’empreinte écologique globale doit être réduite d’au moins 59 %.

L’empreinte écologique renferme les émissions de carbone, certes, mais également la surface terrestre et maritime nécessaire pour produire tout ce que la société consomme, que ce soit la nourriture ou les ressources qui soutiennent le quotidien des personnes.

Au Canada

Le Canada, qui détiendrait 4 % de la biocapacité mondiale, soit la capacité de la Terre à regénérer les ressources naturelles, se classerait au 8e rang mondial pour la consommation par habitant.

Pourtant, notre pays ne compterait que 0,5 % de la population mondiale.

En 2025, chaque Canadien ou Canadienne aurait utilisé en moyenne 6,6 hectares globaux, soit environ quatre fois le niveau durable de la biocapacité de la planète et le double de pays comme la Chine ou le Royaume-Uni.

De plus, l’empreinte liée à ce que le Canada produit et exporte serait plus vaste que celle liée à ce qu’il consomme.

À propos de l’Initiative de l’empreinte écologique

Basée à Toronto, l’Initiative de l’empreinte écologique de l’Université York réunit des universitaires, des étudiants et des chercheurs pour faire progresser la mesure de l’empreinte écologique et de la biocapacité à travers le monde.

Son travail comprend la production de données, la recherche et la formation. L’Initiative est soutenue par l’Université York, des subventions de recherche et des dons.

L’Initiative, l’Université d’Islande et le British Columbia Institute of Technology (BCIT) sont partenaires du Laboratoire international d’apprentissage sur l’empreinte écologique (IEFLL).

Selon Peri Dworatzek, coordonnatrice des partenariats et doctorante au IEFLL, l’ensemble de données peut servir à comprendre la biocapacité et l’empreinte à l’échelle locale.

L’objectif est de permettre aux pays, aux villes et aux individus de mieux comprendre l’effet qu’ils ont sur l’environnement et de déterminer les prochaines mesures à prendre.

D’ailleurs, l’IEFLL a créé le premier ensemble de données en libre accès sur l’empreinte écologique pour les municipalités de l’Ontario.