Démission de François Legault
Camille Turgeon | 14 janvier 2026
Les réactions des citoyens, des députés et des personnes des milieux de la santé et de l’éducation se font nombreuses.
Certains citoyens se disent tristes de la démission, alors que d’autres s’en réjouissent. Pour la plupart, toutefois, François Legault avait fait son temps. Les sondages démontrent d’ailleurs qu’il était devenu un premier ministre impopulaire, notamment en Outaouais.
M. Legault a quand même laissé sa marque dans la région, dont la dernière fois, en septembre 2025, lorsqu’il a inauguré la Maison des Aînés de Masson-Angers.
Politique provinciale
C’est avec le cœur gros que Mathieu Lacombe, député de Papineau et ministre responsable de la région de l’Outaouais, a appris la nouvelle. Il est reconnaissant à François Legault de lui avoir fait confiance, comme jeune ministre, en 2018, et il souligne avoir énormément appris à ses côtés.
Bien qu’il ne se lancera pas dans la course à la chefferie de la CAQ, il se présentera comme candidat dans Papineau aux élections provinciales de 2026.
Selon lui, M. Legault laisse un legs important à l’Outaouais. « La région ne [sera] plus jamais tenue pour acquise. C’est quelque chose que je répétais aux gens dans ma première campagne électorale. Et on est arrivés à faire ça. »
Politique municipale
Maude Marquis-Bissonnette salue son engagement et souligne qu’il a été un grand allié dans le dossier du tramway en Outaouais.
Le préfet de la MRC de Papineau, Paul-André David, lui lève son chapeau et le remercie pour son travail. Il mentionne que François Legault a réalisé de grandes choses et de moins bonnes choses, mais que c’est la réalité des mandats en politique.
La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau souligne que les MRC ont reçu beaucoup d’aide du gouvernement de la CAQ. Elle admet que malgré les différences d’opinion, elle aurait aimé qu’il finisse son mandat.
Santé et éducation
Néanmoins, des commentaires négatifs sont formulés à l’égard du premier ministre démissionnaire, notamment dans les milieux de la santé et de l’éducation.
Le porte-parole de SOS Outaouais, Jean Pigeon, rappelle le sous-financement de 350 millions de dollars en Outaouais et l’exode du personnel en Ontario. Il est de l’avis que François Legault n’aura pas eu la volonté de régler les défis structurels de l’Outaouais.
Karine D’Auteuil, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, affirme que le « réseau de la santé publique n’a jamais été une priorité du gouvernement de la CAQ. » Elle est de l’opinion qu’un véritable changement d’idéologie est nécessaire. Le réseau de la santé doit être une priorité, plutôt que des chiffres.
La présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Nathalie Gauthier, soutient que François Legault laisse derrière lui un réseau affaibli et sous pression. « Il a multiplié les compressions dans les services directs aux élèves. La centralisation excessive du pouvoir, les atteintes à la liberté d’expression, à l’autonomie professionnelle et au droit d’association », déclare-t-elle.
Alfonso Ibarra Ramirez, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais, indique qu’il y a eu beaucoup de difficultés au cours des dernières années avec les députés de la CAQ. Selon lui, le gouvernement est déconnecté des véritables besoins de la population.
Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin et de Kémilia Laliberté.