Des attaques haineuses répétées contre le Centre islamique de l’Outaouais
Camille Turgeon | 7 août 2026
Neuf signalements de graffitis à caractère haineux qui visent des propriétés municipales ou privées ont été enregistrés depuis le début du mois de juillet.
Aussitôt effacés par la Ville, les graffitis réapparaissent : « Deport Islam », « Ban Islam », « Ban Allah » (« Dehors, l’Islam », « Dehors, Allah »).
Les messages haineux ne sont pas seulement peints sur la mosquée : ils sont barbouillés à proximité d’espaces de parcs et de jeux d’eau.
« Ça fait peur de voir à quel point l’Islam est vu par certaines personnes. »
Konate Abdoulaye, bénévole et fidèle à la Mosquée de Gatineau.
La fin de semaine du 1er août, l’un des bâtiments du Centre islamique a même été vandalisé.
Des experts en phénomènes de racisme constatent une montée des gestes haineux, qu’ils associent notamment aux tensions qui persistent autour du conflit au Moyen-Orient.
Selon Pierre Anctil, professeur émérite en histoire à l’Université d’Ottawa, l’élection du président américain a provoqué des tensions à l’échelle internationale qui retentissent sur les citoyens.
« L’écrasante majorité des musulmans qui sont ici ne sont pas des islamistes, s’intègrent très bien, s’accommodent très bien de la laïcité. Beaucoup d’entre eux ont fui les pays musulmans parce que, justement, ils ne voulaient pas de l’islamisme. Donc, il faut briser les stéréotypes. »
Rachad Antonius, professeur retraité de l’UQAM en sociologie et spécialiste du Proche-Orient.
Des élus comme la mairesse de Gatineau, la députée provinciale Suzanne Tremblay et le député fédéral Greg Furgus ont tous fermement condamné ces gestes haineux.
La Ville de Gatineau s’engage d’ailleurs à assurer un suivi étroit de la situation et à offrir le soutien nécessaire à la communauté.
Selon le conseiller municipal du district Hull-Wright, Steve Moran, ces gestes de harcèlement ne représentent pas les citoyens de Gatineau.
« Il faut démontrer notre solidarité. Il faut travailler ensemble. »
Steve Moran.
Des méfaits aux conséquences lourdes
Un auteur de méfait s’expose à deux ans d’emprisonnement.
Un auteur de méfait motivé par la haine risque dix ans d’emprisonnement.
D’ailleurs, le 22 juillet dernier, un Gatinois a été condamné à six mois de détention après avoir été arrêté le 30 avril pour profération de menaces de mort à l’endroit de la mosquée d’Aylmer et de la communauté musulmane de la région.
Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.