Traite de personnes : un nouveau partenariat pour repérer les victimes

Camille Turgeon | 30 juillet 2026

Le Service de police d’Ottawa et l’Aéroport international d’Ottawa s’associent à l’organisme Pas dans ma ville afin de former les employés de première ligne à repérer les situations préoccupantes et d’intervenir de manière sécuritaire.

La traite de personnes compte parmi les crimes qui connaissent la plus rapide croissance, tant au Canada qu’à travers le monde.

La plus courante forme de traite de personnes au Canada est l’exploitation sexuelle commerciale.

La plupart des victimes signalées sont des citoyennes canadiennes trafiquées an niveau national, même si 31 % des infractions de 2011 à 2021 comprenaient le franchissement d’une frontière internationale.

Les victimes peuvent être déplacées par avion sans être repérées, ce qui place les aéroports et les transporteurs aériens au cœur des efforts de détection et d’intervention, puisqu’ils relient les communautés.

En effet, beaucoup d’opérations de trafic humain surviennent dans le trapèze qui raccorde Niagara Falls, Toronto, Ottawa et Montréal, trois villes qui comprennent des aéroports, et une ville frontalière.

C’est ainsi, en cette Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains, que le Service de police d’Ottawa et l’Aéroport international d’Ottawa noue un partenariat avec l’organisme Pas dans ma ville pour sensibiliser la population à la traite de personnes et soutenir les victimes.

Plus de détails sur la traite de personnes : 22 février : Journée de sensibilisation à la traite des personnes.

Pour le SPO, il est important que la population soit avisée que la traite de personnes survient dans sa ville, d’autant plus qu’Ottawa est la deuxième ville au Canada qui compte le plus de cas de traite de personnes déclarés à la police, derrière Toronto, selon Statistique Canada.

Entre janvier 2023 et juillet 2026, l’Unité de lutte contre la traite des personnes de la Police d’Ottawa a analysé 266 signalements, à la suite desquels vingt enquêtes ont mené au dépôt de 244 accusations criminelles.

Pendant la même période, les policiers ont enregistré 114 cas de traite de personnes en vertu du code officiel du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, qui ont mené à l’arrestation de 19 personnes : 17 hommes âgés entre 22 et 41 ans et deux femmes âgées de 17 et 36 ans.

À Gatineau, cinq dossiers liés à la traite de personnes et au proxénétisme ont été ouverts depuis le début de 2026.

Le Service de police de la Ville de Gatineau rappelle toutefois que ces chiffres ne représentent qu’une partie de la réalité : beaucoup de victimes ne dénoncent pas la situation dans laquelle elles se trouvent.

Les visages de la traite de personnes

La traite de personne peut toucher n’importe qui.

C’est le cas de la fille d’une employée de l’Aéroport international d’Ottawa.

En 2020, la fille était à la plage lorsqu’elle a rencontré des hommes, qui lui ont fait de belles promesses d’une belle vie.

Éventuellement, sa famille a perdu tout contact avec elle. Les trafiquants ont saisi ses pièces d’identité, son téléphone et autres biens.

Avec l’aide de la police et des agences communautaires, la fille a été retrouvée et secourue.

Toutefois, les conséquences de cette épreuve se font encore sentir. Les trafiquants lui ont créé une dépendance aux drogues et à l’alcool, et elle a des séquelles mentales.

D’après les indicateurs possibles, une victime de trafic humain peut être une personne qui :

  • n’est pas autorisée à s’exprimer pour elle-même ou qui est continuellement interrompue par un compagnon;
  • fournit sur ses déplacements des détails vagues, contradictoires ou appris par cœur;
  • ne détient ni contrôle ses propres pièces d’identité ou documents;
  • n’est pas en mesure d’expliquer sa destination, son hébergement ou ses préparatifs de voyage;
  • n’apporte que très peu de biens personnels pour le voyage prévu;
  • semble craintive, anxieuse, soumise, épuisée, blessée ou avoir besoin de soins médicaux;
  • paraît être surveillée de près, dirigée, menacée ou contrôlée par quelqu’un d’autre.

Lorsque vous croyez repérer un cas de traite de personnes, n’intervenez pas directement : la sûreté de la présumée victime prédomine. Ainsi, n’agissez pas de façon qui pourrait la compromettre.

Si vous êtes témoin de quelque chose qui vous inquiète, signalez-le discrètement au 613-248-2111 ou au 613-236-1222.

Avec les renseignements de Marika Gauthier.