Des municipalités de l’Outaouais s’opposent au rachat des armes à feu
Camille Turgeon | 21 juillet 2026
Après que la Ville de Gracefield a adopté à l’unanimité une résolution qui demande au gouvernement du Québec de ne pas appliquer les lois fédérales sur son territoire, plus d’une vingtaine de municipalités ont emboîté le pas et ont adopté des résolutions pour contester l’initiative d’Ottawa.
Depuis 2020, le gouvernement fédéral a interdit plus de 2 500 modèles d’armes à feu de style arme d’assaut et demande aux propriétaires de ces armes de s’en départir ou de les faire neutraliser d’ici le 30 octobre.
Pour encourager les citoyens à ce faire, Ottawa rachète les armes dans le cadre du Programme d’indemnisation pour les armes à feu de style arme d’assaut (PIAFSAA).
Le Québec est d’ailleurs la seule province à participer au PIAFSAA.
Toutefois, selon des maires de municipalités de l’Outaouais, les communautés rurales n’auraient pas d’enjeux de sécurité reliés aux armes à feu, et ses citoyens seraient préoccupés par le PIAFSAA.
Ces municipalités vivraient du tourisme de chasse et de pêche, et la chasse au chevreuil et le tir sportif seraient des activités traditionnelles de ces milieux.
« C’était un commentaire qu’on a eu de plusieurs de nos citoyens. On a énormément d’agriculteurs, on a des chasseurs. On n’avait aucune voix au niveau municipal qui voulait s’opposer ou soulever les problèmes que ça allait causer. »
Patrick Beaudry, maire de Low.
C’est l’adoption d’une résolution par Gracefield qui aurait donné le coup d’envoi de cette contestation et aurait servi de modèle à d’autres municipalités.
Puisque ce sont les villes qui paient une quote-part pour la Sûreté du Québec, le maire de Gracefield soutient que les municipalités devraient recevoir de l’aide de la SQ en fonction des préoccupations qu’elles soulèvent, plutôt que celles dictées par le gouvernement du Québec fondées sur les enjeux des grandes villes.
La façon de contester
L’organisation de la contestation suscite un débat sur la manière d’influencer les décisions publiques.
Une plateforme appelée Armesafe.info inviterait notamment les citoyens à interpeller leurs élus et présenterait une lettre type pour demander l’adoption d’une résolution similaire.
Cependant, le site serait associé à deux organisations du mouvement pro-armes, mais il ne dévoile pas l’identité de son propriétaire ni ses coordonnées.
Cela dit, les maires de Gracefield et de Low soutiennent que leur décision n’a pas été dictée par cette campagne.
Avec les renseignements de Marika Gauthier.