La DPJ présente son bilan sous le thème : « Les enfants sont-ils toujours une priorité? »

Camille Turgeon | 12 juin 2026

En Outaouais, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) intervient principalement dans des cas de négligence ou risque de négligence et d’abus physique ou risque d’abus physique.

À l’échelle provinciale, le bilan 2025-2026 fait état de 144 321 signalements pour 107 273 enfants, soit 6,4 % des enfants âgés de 0 à 17 ans au Québec. Il s’agit d’une hausse de 1,4 % des signalements par rapport à l’an dernier.

En Outaouais, 7 051 signalements impliquant 5 450 enfants ont été traités, une augmentation de 4,4 % par rapport à l’année précédente, et une hausse plus élevée que la moyenne provinciale.

Cette augmentation, à ce stade-ci, n’inquiète pas la directrice de la protection de la jeunesse au CISSSO, Colette Nadeau, puisqu’il ne s’agirait pas d’une grande différence (augmentation de 4 % en 2024-2025 par rapport à 2023-2024). Ce qui l’inquiète, c’est l’augmentation constante du taux de signalements depuis les 20 dernières années.

Toutefois, sur les signalements reçus en Outaouais, 36 % ont été retenus pour une évaluation approfondie, près de 10 points de plus que la moyenne provinciale, qui s’établit à 27,5 %.

Même si la région fait face à un manque de personnel, particulièrement le personnel du service évaluation-orientation, dont les postes sont comblés à 64 % (une amélioration d’environ 15 points comparativement aux années précédentes), la non rétention des cas ne découle pas d’un manque de personnel, mais plutôt d’un manque de motifs.

Mme Nadeau a tout de même tenu à précisé que ce n’est pas parce que les cas ne sont pas retenus que la DPJ ne fait rien.

Bilan 2025-2026 de la DPJ, nombre de signalements retenus pour une évaluation approfondie : 36 % en Outaouais; 27,5 % à l’échelle du Québec.

Cette année, sous le thème Les enfants sont-ils toujours une priorité?, la DPJ juge qu’une réflexion collective s’impose pour favoriser le bien-être des jeunes, notamment s’assurer de placer les enfants et les familles au cœur des choix de société.

En effet, un enfant sur cinq ne mange pas à sa faim, trois filles sur cinq au primaire et au secondaire vivent de l’anxiété sociale, et les problèmes de santé mentale prennent de l’ampleur.

Selon la docteure Nafissa Ismail, professeure à l’École de psychologie de l’Université d’Ottawa, les enfants ont toujours été une priorité pour la société québécoise, mais les difficultés vécues aujourd’hui seraient liés à la complexité des problèmes que les jeunes présentent.

La DPJ et les autres acteurs du milieu doivent donc apporter des modifications au niveau des services offerts pour être capable de mieux aider les jeunes et de mieux prévenir les problèmes.

Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin.