Un ex-courtier immobilier dénonce le modèle de rémunération à commission
Camille Turgeon | 9 juin 2026
Rémi Chapadeau a commencé sa carrière de courtier immobilier en 2023. Moins de trois ans plus tard, il quitte l’industrie non pas par épuisement ni manque de succès, mais bien par question de principe.
Il dénonce principalement le modèle de rémunération des courtiers, qui se fonde sur un pourcentage de la valeur des propriétés.
Par exemple, avec un taux de 4 %, la vente d’une maison de 500 000 $ génère une commission de 20 000 $, contre 30 000 $ pour une propriété de 750 000 $.
Or, selon lui, le travail serait le même d’une transaction à l’autre, malgré les écarts de rémunération importants.
« On va probablement dépenser un peu plus d’argent en marketing sur une maison de 3 millions [de dollars], mais souvent, la maison de 1,5 millions [de dollars] va se vendre plus facilement que celle à 500 000 [dollars]. […] La commission ne devrait pas être calculée en fonction du prix du bien. »
Rémi Chapadeau, ancien courtier immobilier.
Il soutient ainsi qu’il existe d’autres modèles de rémunération, comme une facturation à l’heure.
Sa sortie sur les médias sociaux a entraîné des milliers de partages et de nombreux commentaires.
Même si la plupart sont positifs, plusieurs critiquent tout de même ses propos qui remettent en question le fondement de la rémunération dans l’industrie, provoquant le mécontentement des courtiers.
L’industrie
Ses propos ont provoqué des remous dans son ancienne agence.
Dans un courriel interne dont nous avons obtenu copie, la direction des affaires juridiques juge ses publications provocantes et nuisibles à l’image de la profession, et recommande une intervention pour faire retirer les contenus.
« C’est vraiment plate de voir toute une industrie qui est absolument incapable d’introspection. »
Rémi Chapadeau.
RE/MAX affirme pour sa part que les différentes opinions doivent pouvoir être entendues, mais invite les personnes concernées à en discuter auprès des instances compétentes, comme le ministre des Finances et l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec.
Cette dernière a rappelé que la commission n’est pas fixée par la loi, mais relève de la libre concurrence, et demeure négociable.
La Chambre immobilière de l’Outaouais estime que le débat sur la rémunération des courtiers est sain, mais a toutefois nuancé que le courtage immobilier comporte de nombreuses réalités et obligations.
Selon François Des Rosiers, professeur titulaire au Département d’immobilier à l’Université Laval, la question de la rémunération des courtiers immobiliers ferait l’objet de débats depuis des années, sinon des décennies.
Avec les renseignements de Marika Gauthier.