Des délais de permis qui paralysent les entrepreneurs à Gatineau

Camille Turgeon | 5 juin 2026

Sur les médias sociaux, Guy Parisien interpelle directement la mairesse de Gatineau, affirmant que plusieurs clients attendent depuis des mois un permis de construction sans réponse de la Ville.

Il soutient également que la situation entraîne des répercussions sur les entreprises de la région, une déclaration qui fait écho à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec.

En effet, selon l’APCHQ, les délais de traitement et d’émission de permis nuit à la fois à l’économie, aux entreprises, aux locataires et aux acheteurs, parce qu’ils font augmenter les coûts.

De son côté, la Ville de Gatineau reconnaît une pression importante sur son service des permis, dont le délai moyen de traitement est près de 69 jours ouvrables.

Elle explique que la période estivale entraîne une hausse des demandes liées aux constructions, aux piscines et aux coupes d’arbres, ce qui engorge le service.

Au total, plus de 500 demandes de permis résidentiels étaient toujours en cours d’analyse au début du mois de juin.

Toutefois, la Ville précise qu’une partie des dossiers sont en attente de documents de la part des requérants, ce qui allonge les délais.

D’ailleurs, pour tenter de pallier au problème, la Ville a lancé la plateforme URBAIN, qui permet aux citoyens d’obtenir, en quelques clics, une réponse à la question « ai-je besoin d’un permis? ».

Pour les promoteurs immobiliers, la Ville a créé un comité de partenaires à l’interne afin de déterminer les problèmes encourus.

Des besoins record de main-d’oeuvre d’ici 2030

Si les délais de permis préoccupent les entrepreneurs, un autre enjeu pourrait venir compliquer la situation : le manque de main-d’œuvre.

En effet, selon un rapport de la Commission de la construction du Québec, l’industrie devra recruter en moyenne 17 000 travailleurs par année d’ici 2030 afin de répondre aux besoins projetés, déterminés par le nombre de chantiers prévus et le taux de roulement des employés.

En Outaouais, cela représente environ 800 travailleurs par année.

Qui plus est, au Québec, selon l’APCHQ, il est beaucoup plus difficile d’accéder aux métiers de la construction que dans d’autres provinces en raison de la réglementation en vigueur.

L’Outaouais est donc marquée par des défis plus particuliers, puisque les travailleurs peuvent décider de travailler en Ontario s’ils ne sont pas capables d’accéder au métier au Québec.

Avec les renseignements de Marika Gauthier.