Deux conflits de travail perturbent des secteurs névralgiques partout au Québec
Camille Turgeon | 20 mai 2026
Les ingénieurs du gouvernement provincial et les agents correctionnels ont déclenché une grève d’une journée le mercredi 20 mai pour exercer des pressions sur Québec, deux groupes qui sont sans convention collective depuis trois ans.
À long terme, d’autres mobilisations pourraient avoir lieu et pourraient avoir une incidence importante sur le terrain et le fonctionnement de certains services.
En effet, cette seule journée de débrayage des agents correctionnels a eu des conséquences au sein du système judiciaire : les détenus n’ont pas pu être transférés vers les palais de justice, aucune comparution par visioconférence n’a eu lieu et aucun échange entre les détenus et leurs avocats n’a été possible.
Cette grève pourrait entraîner des retards aux répercussions d’envergure, plus particulièrement en raison de l’arrêt Jordan, qui édicte que le processus judiciaire doit s’effectuer en 18 mois, sinon les accusations doivent tomber.
Ce qui achoppe, c’est la question salariale.

Chez les ingénieurs, cette journée de grève tombe à point, alors que la saison des grands travaux estivaux s’amorce.
Sous la bannière « Nos infrastructures CAQ de partout », ils veulent rappeler au gouvernement l’importance de leur expertise publique, surtout dans un contexte où les routes et les infrastructures continuent de se détériorer.
Bien qu’ils soient sans contrat de travail depuis trois ans, les négociations stagnent depuis un an et demi, notamment en raison du refus de l’enveloppe sectorielle (qui aurait été octroyée à d’autres groupes représentés par un syndicat).
Les ingénieurs réclament également un meilleur encadrement du télétravail et des espaces de bureaux adéquats, éléments que le gouvernement refuseraient de négocier.
À terme, les échéanciers de plusieurs chantiers pourraient être touchés par ce conflit de travail, même si on espère minimiser l’incidence sur les travaux. Toutefois, les négociations doivent avancer.
Selon Simon Pelletier, ingénieur au ministère des Transports et de la Mobilité durable, France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor, refuserait de se réunir avec les ingénieurs, malgré leurs efforts de s’entretenir avec elle.
La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, dit « prendre acte » des moyens de pression.
Des démarches ont déjà été amorcées devant le Tribunal administratif du travail, qui s’est réuni avec le syndicat mercredi après-midi.
À Gatineau, les agents correctionnels se sont mobilisés devant le centre de détention de Hull, et les ingénieurs, devant les bureaux de la députée de Hull Suzanne Tremblay.

Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.