Une « hausse accrue » de la violence dans les écoles
Camille Turgeon | 11 mai 2026
Après avoir sondé 258 de ses membres, le Syndicat du personnel de soutien scolaire au Cœur-des-Vallées affirme que 65 % ont été victimes de menaces et 62 % de violence physique directe, comparé à 27 % et 37 % respectivement en 2022, selon des données de l’Institut national de santé publique du Québec.
Dans les écoles du Centre de services scolaire au Cœur-des-Vallées (CSSCV), le personnel de soutien est victime de violence verbale, de menaces de mort et de violence physique; 4 % sont même victimes de conduites inappropriées à caractère sexuel, dont des attouchements sexuels.
Les membres du personnel se font lancer des objets, cracher dessus, grafigner et mordre, entre autres.
Si la violence vécue proviendrait en grande majorité des élèves, des parents et des collègues commettraient également de tels actes.
Selon le sondage du Syndicat, la moitié de ses membres éprouve un niveau élevé de détresse psychologique, et la grande majorité relie ces symptômes au travail.
Qui plus est, 27 % des membres songent à quitter leur emploi, dans un réseau déjà fragile.
D’ailleurs, le Syndicat soutient peiner à recruter du personnel qualifié, et qu’en raison de l’augmentation de la violence, plusieurs personnes décident de ne pas entamer une carrière dans le domaine après avoir effectué leurs stages.
Les cas d’invalidité sont également en hausse à un point jamais vu, selon Annie Charland, présidente du secteur soutien scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics de la Confédération des syndicats nationaux (FEESP-CSN).
Face à ce constat, le Syndicat sonne l’alarme et exige des solutions concrètes pour régler le problème à la source, tant du côté de l’employeur local que de celui du gouvernement.
« Ce n’est pas en ayant des manchons pour protéger les bras des morsures, des visières pour te protéger des crachats qu’on va régler le problème. »
Jan-Mark Dufour, président du Syndicat du personnel de soutien scolaire au Cœur-des-Vallées.
Invité à réagir, le CSSCV assure que la sécurité de ses employés est une priorité, et que toute situation fait l’objet d’une intervention rapide et adaptée, parfois même, lorsque requis, en collaboration avec le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais et la police.
De son côté, le Cabinet de la ministre de l’Éducation ajoute que la violence est inacceptable et que les écoles disposent de plans pour intervenir.
On nuance toutefois que la prévention de la violence appartient également aux parents et à l’entourage des jeunes.
Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin.