Timmy Jutras comparé à Pierre Poilievre

Camille Turgeon | 29 avril 2026

Le 29 avril, Edmond Leclerc, président du conseil d’administration de la Société de transport de l’Outaouais, a déclaré sur les ondes du 104.7 : « Timmy Jutras, c’est le Pierre Poilievre de Gatineau. »

M. Leclerc avance que M. Jutras ne fait que s’opposer systématiquement.

« Il est d’abord d’accord qu’on investisse en itinérance. Là, il n’est pas d’accord qu’on investisse pas dans son district en itinérance. Il n’était pas d’accord qu’on finance la STO. Là, il est pas d’accord qu’on ne finance pas des solutions avec la STO. Pour vous donner un scoop, là, bien, la semaine prochaine, peu importe ça va être quoi le sujet, il ne sera pas d’accord. »
Edmond Leclerc, président du conseil d’administration de la STO.

Cette déclaration a rapidement fait écho à l’hôtel de ville.

Steve Moran, président du Comité exécutif, arrive au même constat. Selon lui, M. Jutras aurait adopté une approche de s’opposer pour s’opposer, qui serait également l’approche de M. Poilievre.

M. Moran a ajouté que M. Jutras chercherait la chicane plutôt que de s’entendre avec ses collègues aurait la volonté de faire un spectacle, qui ne fait avancer rien.

Le président du Comité exécutif évoque un bris de confiance, tout comme la mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, qui voit des similarités dans le style politique de M. Jutras et celui qui s’observe « au sud de la frontière ». 

La mairesse estime que faire de la politique de cette façon fait déraper le débat politique vers un narratif alternatif plutôt que sur de vraies idées et sur de vraies solutions.

Néanmoins, selon Guy Chiasson, professeur en sciences politiques à l’UQO, il s’agit d’une tendance qui semble s’imposer dans les grandes villes où il y a des partis politiques.

« D’un point de vue un peu structurel, M. Jutras, c’est un peu normal qu’il soit le porte-parole de l’opposition  »
Guy Chiasson.

L’équipe de Timmy Jutras a indiqué qu’il préférait ne pas commenter. 

Toutefois, dans une publication, M. Jutras a expliqué prendre quelques jours de recul en raison du décès d’un proche collaborateur et ami. 

Son cabinet a confirmé le décès de son directeur adjoint, Michel Déziel, qui avait évolué au sein des cabinets des maires Marc Bureau, France Bélisle et Daniel Champagne. 

Contexte

Les propos de M. Leclerc ont été prononcés au lendemain d’une présentation qu’il a donnée aux élus du conseil municipal à la demande de Gatineau Ensemble, où il a fait le point à la suite du transfert du projet de tramway à Mobilité Infra Québec.

Les élus de Gatineau Ensemble ont posé plusieurs questions, notamment à savoir si la population gatinoise devra débourser de leur poche pour le projet. Toutefois, Timmy Jutras n’était pas satisfait des réponses.

Selon lui, la Ville :

  • ne prévoit pas de plan B;
  • n’a pas d’ententes signées;
  • ne connaît pas les montants totaux qu’elle a dépensés;
  • ne sait pas combien d’argent le gouvernement provincial lui remboursera;
  • ne sait pas qui assumera les risques des dépenses.

La STO a confirmé qu’elle avait dépensé au moins 31,9 millions de dollars en lien avec le tramway en date du 31 mars 2026, jour du démantèlement du bureau de projet, mais affirme avoir reçu la confirmation que Québec avait provisionné 39,9 millions pour la rembourser.

M. Leclerc a rétorqué qu’il n’a pas comme devoir de satisfaire M. Jutras. Son travail est de répondre aux questions du conseil municipal.

Selon lui, le C. A. de la STO a été clair et transparent. M. Moran serait du même avis, lui qui a affirmé qu’on a répondu aux questions de M. Jutras.

M. Leclerc a également ajouté que la STO a engagé les dépenses admissibles, et elle fournira les redditions de comptes au Ministère pour qu’il puisse à son tour effectuer ses vérifications et procéder au remboursement.

Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin.