Le retrait des premiers intervenants des appels de priorité 3 dénoncé à La Pêche

Camille Turgeon | 23 avril 2026

Après un appel au 911, l’attente pourrait être plus longue avant d’obtenir de l’aide à La Pêche et dans les secteurs plus éloignés de l’Outaouais.

En septembre dernier, Santé Québec a retiré les premiers répondants des appels jugés moins urgents, de niveau 3.

Cette directive a pour objectif d’assurer que les premiers répondants peuvent se déplacer immédiatement dans le cadre d’urgences vitales.

Elle permettrait de mieux utiliser les ressources, qui sont limitées, et de réduire les risques liés aux déplacements inutiles en conduite urgente.

Cette décision de Santé Québec inquiète les municipalités en milieu rural, en particulier en raison des délais ambulanciers qui peuvent être beaucoup plus longs à ces endroits.

La municipalité de La Pêche dénonce l’imposition du changement sans consultation. Il serait également mal adapté aux réalités de la région.

« Il n’y a pas toujours un ambulancier qui est posté à Sainte-Cécile-de-Masham. Donc, il peut arriver des fois que les appels sont pris par des ambulanciers qui sont à ce moment-là à Gatineau. Une fois qu’on est mobilisés, nous, en moyenne cinq minutes, on va arriver sur les lieux. On a différentes casernes, des équipes qui sont prêtes. C’est un service qui est bien intégré à notre service d’incendie. »
Guillaume Lamoureux, maire de La Pêche.

À La Pêche, environ 40 % des appels impliquant des premiers répondants sont de priorité 3.

Le Service de sécurité incendie et de la sécurité civile de La Pêche offre le service de premiers répondants depuis 2021 et n’a aucun problème à desservir ce type d’appels.

Qui plus est, l’évaluation au téléphone peut différer de la condition réelle du patient sur place. Il arrive même que l’état de la victime se dégrade entre la prise de l’appel et l’arrivée des paramédicaux sur les lieux.

La prise d’appels de priorité 3 a même permis de sauver des vies.

Selon les paramédicaux de La Pêche, ce n’est pas une décision à prendre à la légère, d’autant plus que ça entraîne des répercussions au niveau du temps de réponse.

D’ailleurs, le maire de La Pêche souhaite que la population comprenne qu’on leur impose cette nouvelle façon de faire.

Les quelque 140 appels de priorité 3 sont reçus au coût cumulatif d’environ 20 000 $ annuellement. Pour la municipalité, ce sont des frais tout à fait raisonnables, et c’est un investissement qui vaut la peine pour un service qui est apprécié par la communauté.

Le conseil municipal a donc adopté une résolution pour demander à Santé Québec de reculer sur sa décision.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais dit de son côté avoir tenu trois rencontres d’échange avec les municipalités en février dernier pour entendre leurs préoccupations à ce sujet. 

Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.