Le cri d’alarme d’une infirmière de l’Outaouais

Camille Turgeon | 2 avril 2026

Si le décès de la petite gatinoise, Chloé, a bouleversé tout le Québec, il fait aujourd’hui sortir de l’ombre une infirmière de l’Outaouais. Elle a accepté de se confier à nous dans une entrevue très émotive.

Par peur de représailles, elle souhaite conserver l’anonymat. Elle dit ne plus savoir vers qui se tourner et dénonce un manque de soutien psychologique.

« Je m’étais jurée que je ne voulais jamais voir ça. Je ne peux pas croire que les bonnes personnes vont se laisser écraser comme ça, puis vont se rendre malade. Moi, je n’ai plus rien à perdre. Je ne peux plus travailler dans ces conditions-là. »

Elle affirme que les infirmières n’ont plus le droit de s’arrêter, forcées à revenir au travail après trois mois d’arrêt.

Elles seraient menacées d’arbitrage et de devoir rembourser l’assurance-salaire reçue si elles ne reviennent pas.

Selon elle, le programme d’aide aux employés est « n’importe quoi ». Il serait formé de consultants plutôt que de psychologues.

Elle a même douté de l’apport d’un soutien psychologie auprès des employés à la suite des événements qui ont mené au décès de Chloé.

À cela, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) répond qu’à la suite des événements, une attention particulière a été portée au soutien des équipes concernées.

Il mentionne que des échanges en personne ont été privilégiés avec un accompagnement plus approfondi pour certaines personnes, selon leur situation.

Mais l’infirmière lance un appel au gouvernement et aux gestionnaires : reconnaître enfin les membres du personnels pour ce qu’ils sont, des êtres humains avec leurs limites. 

C’est par vocation, par amour pour les autres qu’elle a choisi ce métier. Toutefois, aujourd’hui, la passion ne suffit plus.

Elle veut donner du bon à ses patients. Elle ne veut pas les soigner à moitié. 

Elle brise le silence pour rappeler au personnel soignant qu’il n’est pas seul, et qu’ensemble, on peut faire bouger les choses. 

Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.