Élections provinciales | Mario Aubé ne sera pas candidat

Camille Turgeon | 16 mars 2026

Mario Aubé a annoncé sur Facebook le dimanche 15 mars qu’il a longuement réfléchi à son avenir dans les dernières semaines. Malgré de récents sondages favorables, son intérêt demeure la politique municipale et les citoyens de Gatineau.

Photo : Facebook Mario Aubé – Gatineau.

Depuis des mois j’ai l’impression d’être constamment en réflexion. Vous direz que c’est normal de réfléchir. Vous avez entièrement raison. Réfléchir à son avenir, réfléchir à la meilleure façon d’aider nos citoyens, je pense avoir fait le tour et c’est le moment de décider.

Il faut se rappeler que ces réflexions ont commencé il y a deux ans jour pour jour. Fin de l’hiver, début printemps 2024, la mairesse en poste annonçait son départ. La grande majorité des mes collègues indépendants m’avaient alors convoqué à une rencontre dans la grande salle des conseillers pour me démontrer clairement leur appui afin que je me présente dans l’éventuelle course à la mairie.

Ma première réflexion commençait à ce moment-là. Après quelques semaines, je réalisais bien humblement que ce n’était pas le moment où j’étais prêt à faire le saut. Résultat : un changement au pouvoir suivi d’une taxe sur l’immatriculation, une autre taxe exagérée sur le stationnement pour les commerçants, 25M$ d’argent municipal en itinérance, des millions juste pour le centre-ville alors qu’on refusait parallèlement des projets de développement pour générer des revenus et laisser respirer nos payeurs de taxes.

Sans le savoir, ma seconde réflexion s’amorçait naturellement. Dois-je simplement me faire réélire dans mon district et continuer de critiquer pendant quatre ans ou me présenter à la mairie et proposer une autre façon de gouverner. Cette fois la décision a été facile, je n’aime pas critiquer sans proposer de solutions. Mais s’ajoutait alors une variante, sommes toutes importante, dans le contexte politique à Gatineau! Est-ce que je le fais seul ou en équipe?

Cette fois, la réflexion m’a amené à comprendre que je suis avant tout un joueur d’équipe et que cela allait se faire avec une armée. Une armée de 19 hommes et femmes et de citoyens qui partagent tous la même vision pour notre ville. Celle qui allait tout mettre sur pieds, bâtir ce groupe, du logo, aux couleurs, à faire sortir le vote en passant par le programme et la sollicitation de donateurs, est celle qui deviendrait notre directrice de campagne, Nathalie. Sans son appui, ma réflexion aurait été rapide à prendre, cela aurait été NON. Elle y a cru, et moi aussi. 2025 restera une année incroyable, à rencontrer des centaines et centaines de citoyens, serrer des mains, découvrir encore plus notre ville, ses communautés et les nombreux besoins de nos Gatinois. Ceux qui ne voient pas les choses de la même façon depuis 2013 avaient besoin d’avoir une voix forte et j’ai assumé ce rôle avec honneur et fierté terminant pratiquement 50/50 au scrutin de novembre dernier. Les semaines qui ont suivi ont tout fait basculer. Soudain, je n’étais plus le bon leader aux yeux de certains et on me l’a fait savoir assez brutalement et tout ce que Nathalie a permis de réaliser n’avait, tout d’un coup, plus d’importance. Me revoici en réflexion à nouveau.

Parfois, il faut prendre du recul, respirer profondément et mettre ses émotions de côté avant de parler publiquement. Au final, il n’y a rien à rajouter. Aussi bien remettre les clés et laisser d’autres connaisseurs prendre les rennes. J’ai donc fait la coupure. Or, le téléphone n’a jamais cessé de sonner. Des offres sont rapidement arrivées, je les apprécie, mais les ai gentiment repoussées sachant que j’avais besoin de prendre le temps de me faire une tête avant de sauter sur la première occasion.

Au tournant de l’année, début janvier, deux partis politiques provinciaux m’ont approché en vue des élections de novembre prochain. J’ai pris le temps de remercier le premier, basé sur mes valeurs, mais je me suis permis d’amorcer une réflexion pour le second par énorme respect et grande reconnaissance de l’historique dans le comté, surtout que j’ai aussi joué moi-même ce rôle au cours des mois précédant. Deux mois se sont écoulés depuis; cafés, coups de fil, rencontres autant dans l’Ouest de la ville, l’Est, que dans la Petite-Nation. Depuis deux ans, vous êtes nombreux à m’appuyer, des appuis sincères et cela se poursuit encore à ma grande surprise, autant au municipal qu’au provincial.

Or, au cours des derniers jours, j’ai informé les personnes concernées que ma réflexion a pris fin et que mon nom ne sera pas sur le bulletin de vote au provincial à l’automne prochain, malgré les récents sondages favorables où il m’aurait été facile de dire oui par opportunisme. Ces nombreux mois m’ont permis de confirmer que mon intérêt demeure encore à ce jour pour la politique municipale et les citoyens de Gatineau, plutôt que la politique provinciale.

Aujourd’hui, je tiens à remercier sincèrement tous ceux et celles qui n’ont jamais cessés de m’écrire, m’accoster, m’appeler, pour vos bons mots et vos encouragements, ce qui inclut Mme Marquis-Bissonnette et son chef de cabinet. C’est très apprécié. Après avoir œuvré 35 ans publiquement, je choisi de me faire plus discret …pour le moment, mais sachez que je ne serai pas très très loin.

-Mario