Exode des dermatologues du réseau de santé publique
Camille Turgeon | 13 mars 2026
Dans une lettre ouverte de dermatologues de l’Association des médecins spécialistes dermatologues du Québec, l’accès aux soins est à risque si la situation ne change pas.
C’est principalement le manque de ressources qui explique le départ de ces spécialistes du Québec et son réseau public. Les dermatologues n’ont pas de place dans les hôpitaux, et lorsqu’ils y sont, ils n’ont pas assez de salles pour travailler.
Dans les deux dernières années, neuf résidents ont quitté le Québec en plus de dermatologues. Selon l’Association, 20 à 25 % des dermatologues pratiquent désormais au privé, le plus haut pourcentage parmi les différentes spécialités.
Plus de 93 000 patients sont sur la liste d’attente pour voir un dermatologue au public, et près de 59 000 d’entre eux sont hors délais, selon les plus récentes données de Santé Québec.
L’essentiel du blocage dans les négociations : les frais de bureau médicaux. En effet, les spécialistes soutiennent que le budget alloué par le gouvernement ne couvre pas l’ensemble de leurs frais, comme les seringues, les aiguilles, le papier rouleau pour recouvrir les tables et le gaze.
Si le statut quo demeure, 55 % des cliniques de dermatologie fermeront, ou considèreront le faire, d’après un sondage réalisé auprès des dermatologues par leur association.
Dans une déclaration conjointe, les cabinets de la ministre de la Santé et de la présidente du Conseil du Trésor soulignent que les « discussions entre le gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes se poursuivent. L’offre du gouvernement est raisonnable et inclut déjà des engagements en lien avec les frais de cabinet. »
Avec les renseignements d’Élizabeth Laplante.