Qu’est-ce qui explique le succès de la Norvège aux Jeux d’hiver?
Camille Turgeon | 24 février 2026
Principalement : aucune compétition avant l’âge de 13 ans, l’accent sur le plaisir, une approche multisports et des coûts accessibles.
Ce sont des concepts qui n’existent pratiquement pas en Amérique du Nord, où les jeunes sportifs sont rapidement classés en catégories selon leurs forces.
Âge de compétition et accent sur le plaisir
Au Québec seulement, les Jeux du Québec mettent en vedette des jeunes de 12 à 17 ans, selon le sport. Par exemple, au hockey, seuls des athlètes de 13 et 14 ans peuvent compétitionner.
Or, pour se qualifier aux Jeux du Québec, il faut s’avoir démarqué bien avant, en compétition.
En patinage de vitesse courte piste, il existe des compétitions pour des enfants aussi jeunes que 5 ans, qui ont pour but de les familiariser avec l’environnement de compétition.
Cette approche est complètement contraire à celle de la Norvège, et pourrait même avoir des effets néfastes sur les athlètes.
Selon la directrice générale d’Excellence Sportive Outaouais, plusieurs jeunes vont arrêter de pratiquer leur sport un peu plus tôt parce qu’ils sont tannés de le pratiquer. D’autres vont vivre une perte de motivation, et certains subissent des blessures.
Beaucoup d’athlètes vont arrêter de pratiquer leur sport une fois qu’ils ont terminé leurs années en sport-études.
En Norvège, l’accent est mis sur le plaisir et le bien-être du jeune athlète, de façon à ce qu’il se sent en sécurité. Le but : que ce soit la propre volonté du jeune de pratiquer son sport.
Approche multisports et rassembleuse
L’approche multisports de la Norvège semble privilégiée afin d’éviter la routine et la perte de motivation. Qui plus est, la pratique de plusieurs sports permet de développer différentes habiletés transférables d’un sport à l’autre.
De plus, en rassemblant tous les jeunes ensemble, les plus avancés inspirent les moins avancés, ce qui a pour effet d’encourager les athlètes à continuer de pratiquer leur sport.
Accessibilité
La pratique du sport en Norvège est souvent gratuite, et les infrastructures sont en bon état; tout le contraire de l’Outaouais, où la pratique est dispendieuse et le manque d’infrastructures sportives, qui sont vieillissantes, est grandissant.
D’ailleurs, la Norvège remet 64 % des revenus de paris sportifs dans le sport local.
Autre obstacle en Outaouais : les athlètes qui tentent de percer l’élite doivent souvent, et rapidement, se diriger vers les grands centres comme Montréal ou Québec.
Plusieurs athlètes déménagent seuls pour suivre leurs rêves; ils peuvent donc se retrouver sans soutien social, un élément crucial pour la réussite à haut niveau.
Qui plus est, les clubs de sport pour adultes sont limités à Gatineau, ce qui n’encourage pas les personnes adultes à se remettre au sport ou à s’y initier.
Avec les renseignements de Yanick St-Denis.