Les écoles canadiennes, un lieu de travail potentiellement à risque
Camille Turgeon | 21 février 2026
Selon un rapport national produit par une équipe de recherche de l’Université d’Ottawa, le niveau de violence et de harcèlement dans les écoles canadiennes est si inquiétant qu’il faudrait classer ces établissements publics en tant que lieux de travail à risque.
Le rapport se base sur une enquête menée auprès de 4 000 travailleuses et travailleurs du secteur de l’éducation.
Il résume également les conclusions d’un autre rapport national dans lequel le personnel de soutien direct et indirect fait état de la fréquence et des répercussions des cas de harcèlement et de violence en 2022-2023.
Or, on constate une sous-déclaration généralisée des incidents et un nombre insuffisant d’interventions efficaces de la part des établissements.
De plus, moins d’une personne sur cinq affirme que les plans de sécurité sont suivis à la lettre après un acte de violence.
Conclusions du rapport :
- 78 % des travailleuses et travailleurs du secteur de l’éducation au Canada ont été la cible d’au moins un acte, une tentative ou une menace de violence physique;
- 84 % sont victimes d’une trentaine d’actes de harcèlement par année, en moyenne;
- 26 % rapportent avoir développé des symptômes s’apparentant au trouble de stress post-traumatique;
- Près de 80 % indiquent que la violence au travail nuit à leur santé mentale;
- 50 % quitteraient la profession si un emploi comparable pouvait être trouvé.
Les actes de violence et de harcèlement signalés sont en grande majorité commis par des élèves, en particulier à l’encontre des membres du personnel de soutien aux élèves et des travailleuses et travailleurs indirects.
Cela dit, les taux élevés de violence et de harcèlement concernent également les parents, les collègues et les membres de l’administration.
La même situation est constatée en Outaouais : dans un sondage réalisé en 2025 par le Syndicat du soutien scolaire de l’Outaouais, 52 % des 6 000 membres ont indiqué avoir subi de la violence physique de la part des élèves.
Selon Kim Lafleur-Lauriault, présidente du Syndicat, la violence est principalement vécue par le personnel de soutien en plus des techniciens en service de garde, des techniciens en travail social, des éducatrices et des surveillants.
Nombre de personnes interrogées affirment que le stress qui découle de l’environnement de travail affecte leur famille, leur sommeil et leur qualité de vie. D’autres ont quitté la profession à cause des actes de violence et de harcèlement.
Recommandations :
- Améliorer et élargir les critères de définition des dangers;
- Renforcer la cohérence et l’efficacité des processus de planification en matière de sécurité et des mécanismes de signalement connexes;
- Offrir un meilleur soutien en matière de santé mentale;
La recherche a été menée par des chercheuses et un chercheur de l’École de psychologie et du Département de criminologie de l’Université d’Ottawa et a bénéficié de l’appui du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Vous pouvez lire le rapport ici : Les écoles canadiennes : un lieu de travail dangereux.