Des cas d’intimidation répétés et graves à l’école de Gracefield

Camille Turgeon | 10 février 2026

À bout de ressources, une mère et une grand-mère dénoncent l’intimidation grave et répétée que subiraient des enfants à l’école élémentaire et secondaire Sacré-Cœur, à Gracefield.

« T’es une grosse laide. »
« T’es une grosse vache. »
« T’es un gros cochon, va manger ton hamburger. »
« […] Il y a un jeune garçon qui s’est permis de mettre ses mains sur elle. Il lui a pogné les seins, il lui a pogné la vulve, il lui a pogné les fesses. Elle a essayé d’en parler, de dénoncer. On lui a dit de se taire parce que c’était pour nuire à la réputation du jeune garçon. »
« Un ami m’a tapé. »

Ce ne sont que quelques commentaires recueillis de Célina Clément, mère de deux enfants victimes d’intimidation, un cas parmi tant d’autres. Sa plus jeune fille victime a quatre ans. Elle est en prématernelle.

Son aînée a neuf ans. Elle a été retirée de l’école à la suite d’attouchements sexuels.

Ce que les deux femmes dénoncent, c’est le manque d’action, tant de l’école que du Centre de services scolaires, même après une cinquantaine de courriels envoyés.

Josée Henri, grand-mère de quatre enfants qui ont fréquenté l’école de Gracefield, elle n’a jamais réussi à rencontrer la directrice de l’école. Chaque fois qu’elle s’est présentée, c’est une personne différente qui l’accueille.

« Le savoir-être, oui, c’est vrai, ça s’apprend à la maison. Mais si les parents ne sont pas mis au courant par l’établissement, qu’est-ce que tu veux que les parents fassent? »
Célina Clément

Pétition

Lorsqu’elles ont réalisé que ce n’était pas des cas isolés, elles ont lancé une pétition intitulée « Pour des écoles sécuritaires et sans intimidation » dans le Centre de services scolaires des Haut-Bois-de-l’Outaouais.

Elles ont reçu plus de 170 témoignages de parents et de grands-parents.

Parmi les témoignages, on peut lire des commentaires comme : 

« Je signe, puisque j’ai été témoin de plusieurs situations d’intimidation en allant chercher ma fille à l’école. »
« J’ai retiré mon garçon de l’école en majeur partie à cause de l’intimidation à la polyvalente de Maniwaki. »

Une personne qui se présente comme membre du personnel du Centre de Services scolaires-des-Hauts-Bois a écrit que « la situation est épouvantable dans les écoles avec les nombreux cas de violence rapportés, tant au primaire qu’au secondaire. »

Le Centre de service scolaire ne peut pas commenter sur des cas particuliers pour protéger les renseignements personnels des personnes impliquées.

Toutefois, il assure que chaque situation est traitée avec diligence, et que l’école veille à l’application de son plan de lutte contre la violence et l’intimidation.

Ce plan prévoit notamment des mesures de soutien et d’encadrement à l’intention des élèves victimes, de leurs parents, des témoins et des élèves instigateurs.

Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.