Le papillon monarque menacé : un risque sournois révélé
Camille Turgeon | 24 janvier 2026
« Nous constatons que les changements climatiques peuvent nuire indirectement aux pollinisateurs en dégradant les ressources dont ils dépendent. » La professeure Kharouba.
Le monarque, de par sa résilience, a survécu à la destruction de son habitat, à des conditions météorologiques extrêmes et aux pesticides.
Toutefois, une nouvelle étude a révélé une menace potentiellement grave pour la survie de ce papillon.
Lorsqu’on pense à une espèce menacée, les premières causes qui nous viennent en tête sont les activités humaines : les pailles et les sacs en plastique, les feux de forêt et la déforestation, le transport d’espèces invasives.
Ce à quoi on ne pense pas, c’est la nourriture. Après tout, le Québec ne vit pas de pénurie de nourriture, et il est très rare d’entendre parler d’une espèce qui est menacée par manque de nourriture.
Mais c’est exactement ce qu’il pourrait se passer pour le monarque.
Une professeure agrégée au Département de biologie de l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche de l’Université en écologie du changement planétaire, s’est intéressée aux plantes dont dépend le monarque pendant sa migration.
Heather Kharouba et son équipe de scientifiques ont observé qu’une augmentation d’à peine 0,6 °C de la température extérieure suffisait à réduire la qualité du nectar produit par les plantes. Plus la température de la fleur est haute, plus la qualité de son nectar se dégrade.
Dans le cadre de l’expérience, seules les fleurs étaient réchauffées afin de ne pas fausser les résultats. Le monarque a accumulé environ un quart de graisse corporelle de moins que ses congères.