Un retour au travail difficile pour des travailleurs

Camille Turgeon | 13 janvier 2026

Pour plusieurs, le retour au travail ou à la routine après les Fêtes est un moment redouté, voire angoissant. Chez certains, il peut s’agir de dépression saisonnière.

La docteure Nafissa Ismail, neuroscientifique, affirme que, sur le plan moral, les mois de janvier et de février sont souvent les plus difficiles de l’année. Elle observe d’ailleurs une hausse des demandes de consultation chez les psychologues pendant cette période.d

Selon la Dre Ismail, le froid et le manque de soleil influent sur l’humeur et le bien-être. Le stress lié au travail, dont la pression de performance, et aux finances a également une incidence. Elle ajoute que le retour au travail a tendance à causer beaucoup de stress émotionnel, certes, mais également du stress cognitif, puisque les pensées ne sont plus orientées vers le travail pendant les vacances. Il est donc important d’être compréhensif envers soi-même et de trier les tâches à faire selon leur importance.

Ce malaise est si ressenti que le troisième lundi de janvier, cette année le 19 janvier, est surnommé le « lundi de la déprime », ou Blue Monday (lit. « lundi bleu »). D’ailleurs, Bell Canada lance sa campagne annuelle Bell Cause pour la cause pendant cette même semaine. En 2026, le thème est « Prenons un moment pour la santé mentale ». La journée aura lieu le mercredi 21 janvier.

Pour ce qui est de la fonction publique, dans le contexte actuel, le retour obligatoire en présentiel au moins trois fois par semaine ravive des inquiétudes liées à la conciliation travail et vie personnelle.

À la mi-décembre, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec a sondé ses membres : sur les 7 000 fonctionnaires qui ont répondu, près de 62 % estiment que le travail en présentiel n’a aucune valeur ajoutée, ou très peu de valeur ajoutée.

D’autres résultats montrent que 87 % d’entre eux prévoient une hausse du stress et de la fatigue, 82 %, une détérioration de la conciliation travail-vie personnelle et 63 %, une baisse de la productivité individuelle.

À l’égard du travail en présentiel, la Dre Ismail explique qu’il a des bienfaits, comme le contact social, et des aspects négatifs, soit le déplacement et la perte de productivité.

Néanmoins, bon nombre d’autres travailleurs et étudiants ne vivent pas cette reprise de la routine avec difficulté.

Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.