Violence à l’école | 9 profs sur 10 disent en avoir été victimes
TVA Gatineau | 14 Décembre 2025
La Fédération autonome de l’enseignement tire la sonnette d’alarme alors qu’une majorité d’enseignantes et d’enseignants québécois décrivent désormais leur milieu de travail comme violent. Une hausse marquée des incidents est observée partout au Québec, y compris en Outaouais.
Selon les résultats d’une consultation menée au printemps dernier auprès d’environ 2 500 membres, 90 % des personnes répondantes affirment avoir déjà été victimes de violence dans le cadre de leur travail. Les données révèlent également que trois enseignants sur cinq perçoivent leur milieu scolaire comme étant violent.
La violence psychologique et verbale demeure la plus fréquemment rapportée. Les propos méprisants, le harcèlement, l’intimidation, les menaces d’agression et la cyberviolence figurent parmi les comportements les plus souvent dénoncés.
La violence physique est aussi bien présente, notamment sous forme de bousculades, de coups ou de blessures.
J’ai subi plusieurs actes de violence quotidiennement : coups de poing, de pied, de tête, crachats, lancements de chaises et de tables. Il est totalement inacceptable que la violence fasse partie du quotidien des profs.
Catherine Renaud, vice-présidente de la FAE
Le phénomène est particulièrement marqué au préscolaire, où la majorité des enseignants consultés rapportent avoir été victimes de violence physique. La FAE note d’ailleurs que cette réalité est en forte progression depuis 2010 et réclame un renforcement significatif des ressources en milieu scolaire.
Le Syndicat du soutien scolaire de l’Outaouais partage ce constat et établit un lien direct entre la montée de la violence, les compressions budgétaires et le manque de personnel dans les écoles.
Quand le personnel vit des coupures, ce sont les élèves, les familles et les écoles qui en subissent les conséquences. Avec des outils adaptés et des ressources suffisantes, il serait possible d’éviter cette désorganisation.
Kim Lafleur-Lauriault, présidente, Syndicat du soutien scolaire de l’Outaouais
Les impacts de cette violence sur le personnel enseignant sont majeurs. Selon la consultation, 36 % des répondants ont vécu de l’épuisement professionnel, 21 % une dépression et 25 % ont dû s’absenter du travail.
Plus préoccupant encore, 61 % des enseignants ayant été victimes de violence disent envisager de quitter la profession.
Avec les informations d’Amanda Moisan